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Portrait

Frédéric Bézian


Mise en ligne :
13 mars 2002

Tous les bédéphiles connaissent Frédéric Bézian, son trait hachurés, son goût pour le fantastique et l'étrange. Pourtant il reste méconnu du grand public. Retour sur une carrière plus rythmée par les succès d'estime que par les succès public, à quelques semaines de la sortie de l'intégrale d'Adam Sarlech aux Humanos.

Navigation rapide

1- Ses débuts
2- Adam Sarlech brouillé par Sambre
3- Les années de disette
4- L'aventure du dessin animé Belphégor
5- Projets
6- Bibliographie

1 - Ses débuts

Couverture d'Adam SArlech T.1

(éditions Humanos)

Couverture d'Adam Sarlech T.2

(éditions Humanos)

Né en 1960 à Revel (en Haute-Garonne), Frédéric Bézian a participé très tôt à divers fanzines et à Djin, un hebdomadaire catholique pour les jeunes filles en fleurs. " J'avais 15 ans et, si j'avais envie de faire beaucoup de choses, cela faisait longtemps que je fantasmais surtout sur la BD. A l'époque, j'essayais de faire de l'humour, du "gros nez", aussi étrange que cela puisse paraître aujourd'hui ! C'est l'éditeur qui était demandeur : mes travaux personnels (qui n'étaient pas publiés), eux, partaient dans tous les sens et étaient souvent très influencés par ce que je lisais. J'aimais beaucoup les récits fantastiques, même si je ne comprenais pas la moitié de ce que je parcourais. "

C'est alors que Frédéric suit les cours de Claude Renard et de François Schuiten à l'Institut Saint-Luc de Bruxelles, de 1978 à 1981. " Cela a accéléré le processus : j'avais besoin qu'on me mette le pied à l'étrier, qu'on me montre du doigt certaines carences, certaines lacunes. Pour moi, c'était utile pour acquérir un niveau pouvant prétendre à être professionnel au bout de trois ans au lieu de dix j'avais travaillé tout seul. Cela m'a servi aussi à élargir mon champ de vision, à être confronté à des expérimentations qui me montraient d'autres alternatives. "

Désormais inspiré par des auteurs comme Oscar Wilde ou Franz Kafka et des illustrateurs comme Jacques Tardi ou José Antonio Muñoz, il va accumuler les publications : Adieu l'émule dans le Neuvième Rêve et L'étrange nuit de monsieur Korb aux éditions Magic-Strip en 1982, Fin de siècle chez le même éditeur et des histoires complètes pour le mensuel (A Suivre) en 1983... " Les choses se sont bousculées très vite ce qui m'a donné une réputation de producteur acharné, alors que ce n'est pas le cas du tout ! Certains de ces travaux étaient déjà pratiquement terminés quand je suis sorti de Saint-Luc mais j'ai donné l'impression de sortir trois albums en un temps record et d'envahir la planète BD ! On m'a aussi catalogué tout de suite comme un auteur entre guillemets mais, ceci dit, je ne me suis pas posé la question de l'image que je donnais et si je devais en avoir une. J'ai gardé le même état d'esprit si et je continue à faire ce qui me plaît, où je veux et quand je veux ! "

2 - Adam Sarlech brouillé par Sambre

Couverture d'Adam Sarlech T.3

(éditions Humanos)

Adam Sarlech, extrait

(éditions Humanos)

C'est avec la série Adam Sarlech, publiée par Les Humanoïdes associés entre 1989 et 1993 (une version intégrale paraît ce mois-ci), que Frédéric Bézian, de plus en plus fasciné par la mort, et la déliquescence, accède à une certaine notoriété. Il construit alors une œuvre originale tout en s'avérant être également un grand coloriste. " Il faut préciser qu'avant cette parution, commençait une sale période pour la BD : la crise n'en était qu'à ses balbutiements. Le terrain commençait à devenir mouvant et les auteurs en étaient les premières victimes! Cela donnait des hiatus très difficiles à vivre entre des gens qui avaient des velléités qui ne pouvaient pas être assouvies et des éditeurs qui s'astreignaient à une certaine surdité, par prudence. Personnellement, les histoires courtes publiées dans (A Suivre) réunies sous le nom de Totentanz : la danse des morts pour Magic-Strip, en 1986, me restaient sur les bras.

Le projet qui est devenu Adam Sarlech a végété dans mes cartons pendant au moins trois ans. Même si je crois beaucoup aux travaux de longue haleine, à force d'attendre, il y avait des propos qui vieillissaient. Je tentais de rectifier le tir mais, le jour où j'ai découvert Sambre d'Yslaire et Yann, dans les pages de Circus, j'ai eu très peur. C'était la première fois que je tombais sur quelque chose qui pouvait me faire taxer de plagiat : c'était aussi une histoire de famille avec comme fil d'Ariane un journal intime, et même s'il y avait 50 ans de différence entre les deux BD, certains pouvaient penser qu'il s'agissait de la même époque. Bref le schéma et l'ambiance étaient comparables. Il paraît que cela arrive au moins une fois dans la vie d'un auteur mais moi, sous l'effet du choc, j'ai voulu refermer définitivement mon carton et" Adam Sarlech " a failli ne jamais exister. "

Alors, Frédéric réécrit maintes fois son scénario, refait le découpage, change des détails… Mais, au bout d'un moment, il sent que s'il n'arrête pas les rectifications par rapport à Sambre, il ne le sortira jamais. " Finalement, Les Humanoïdes associés ont été emballés par le projet et cela a donné ce récit fiévreux et hystérique: le couvercle était sur la marmite depuis si longtemps que quand on l'a enlevé, tout a débordé ! " Il finira quand même par arriver à une maîtrise graphique et narrative : la preuve, le troisième tome reçut le prix "Bloody Mary" (ex Prix de la Critique) à Angoulême.

Paroles de taule, page 103

(editions Delcourt)

Couverture Chien-rouge Chien-Noir

(éditions PMJ)

Frédéric Bézian a travaillé cinq ans sur Adam Sarlech. Pour lui, ce fût un marchepied pour se créer une vraie identité, laquelle continue d'ailleurs d'évoluer : " Comme les albums sont sortis à un prix qui les cataloguaient comme les livres les plus chers sur le marché, le grand public n'a pas totalement suivi. Je suis alors entré dans une espèce d'état proche de l'aigreur criant l'injustice sur tous les toits. C'était très immature comme réaction, mais quand on la vit de façon épidermique avec des besoins d'argent pour vivre, cela peut se comprendre ! "

3 - Les années de disette

Pourtant, le paysage BD évolue et des éditeurs indépendants commencent à lui demander quelques petits boulots par ci, par-là : trois chapitres d'un album suspendu dans Le Cheval sans tête des éditions Amok, un petit album titré Archipels pour P.M.J. en 1997... " J'avais aussi réalisé quatre chapitres de Chien rouge, chien noir pour Brazil, parution hasardeuse mais excitante qui n'en publia que deux. J'avais donc 40 planches en stock, dont, une fois de plus, personne ne voulait. Alors, j'ai modifié des choses en allant vers plus de lisibilité quand P.M.J. m'a proposé de l'éditer en 1999 : j'ai voulu les traiter en bichromie pour assumer pleinement le côté artificiel de la BD et réaliser un travail graphique qui ne soit pas dé la peinture avec des bulles ou du cinéma sur papier, qui soit quelque chose jouant totalement avec la spécificité de la BD. J'essayais de tripoter ce médium de la façon la moins gratuite et la plus libre possible. Toutefois, ce procédé utilisant deux couleurs distinctes servait mon propos en assumant une cohérence avec l'histoire racontée."

Notre interviewé aime bien l'idée que l'auteur travaille, que ce soit la BD, le cinéma, la littérature, la musique… : cela oblige le lecteur, le spectateur ou l'auditeur à travailler lui aussi ! " J'ai tenté de le faire jouer avec des rythmes visuels : l'image conventionnelle de la BD c'est une suite dé cases alors de temps en temps, je les trace sans rien mettre à l'intérieur. L'idée m'est venue lors d'une intervention dans une école. J'ai vu un petit de 5 ou 6 ans qui avait fait toute une page en alignant d'abord une suite de carrés, très régulièrement. Il avait rempli les deux du haut et tout en bas, dans la dernière, il avait écrit le mot FIN. Pour lui, l'histoire était finie. Cela ne lui posait aucun problème et pourtant, c'était fait avec une liberté et une fraîcheur qui passe pour ahurissantes aux yeux d'un adulte ! "

4 - L'aventure du dessin animé Belphégor

Extrait Chien-Rouge Chien-Noir

(éditions PMJ)

Couverture Archipels
(éditions PMJ)

Il s'est encore passé cinq ans entre la première et la dernière planche de Chien rouge, chien noir car, sur la fin de l'album, Frédéric Bézian travaillait aussi sur le dessin animé Belphégor.

Un jour un responsable du studio des Armateurs me téléphone. Ce nom ne me disait pas grand chose mais, pourtant, ils avaient déjà réalisé La vieille dame et le pigeon de De Crécy et Chomet puis le fameux "Kirikou". Cette personne me demande de travailler dans le dessin animé pour une adaptation de Belphégor.

Il se trouve que j'étais un admirateur du feuilleton en noir et blanc réalisé par Barma et du coup, j'étais sidéré qu'une adaptation plus ou moins lointaine se fasse et qu'on me sollicite pour ça. On me pro pose d'essayer de dessiner un ou deux personnages puis de discuter du projet. Au bout de deux réunions à Paris, j'étais nommé directeur artistique : en résumé, mon travail consistait à obliger tout le monde à dessiner comme moi. Ils étaient venus me chercher pour mon style graphique et ils voulaient en faire l'esthétique de toute la série : création des personnages, couleurs, objets, décors, voitures... Il se trouve que par la suite, j'ai outrepassé mes fonctions car je me suis bien entendu avec le réalisateur. J'ai, par exemple, conçu au niveau du story-board les cauchemars très particuliers d'un des personnages ; ceci, évidemment, en rapport étroit avec l'histoire. J'ai aussi réalisé le générique à 50 %, main dans la main avec le réalisateur.

Extrait Archipels
(éditions PMJ)
Lithographie sur Archipels
(éditions PMJ)

Mais je n'ai rien fait au niveau dé l'animation car je ne suis pas animateur. " Frédéric ayant aussi une formation musicale, il a souvent discuté et proposé des idées au compositeur. Ainsi, le résultat ne s'est pas limité à ce que l'on appelle dans le jargon professionnel de la musique au mètre. " Je lui ai parlé de couleurs d'orchestration, d'instruments, d'exemples musicaux... Je lui envoyais des cassettes de chromatismes, de références… Ainsi, et c'est très rare dans les dessins animés, la musique n'est jamais la même d'un épisode à l'autre, sur les 26 que comporte la série. Le compositeur et son équipe se sont vraiment investis là-dedans. "

Hélas, nous en sommes à la troisième diffusion et tous les épisodes n'ont pas été programmés ; en plus, les horaires n'étaient pas appropriés et la promotion n'a pas suivi comme il aurait fallu. Heureusement, la série a eu une excellente critique dans la presse.

Frédéric Bézian a enfin gagné vraiment sa vie avec son métier de dessinateur grâce à ce dessin animé et il est question de réaliser un long métrage. " Pour l'instant, c'est plus de 1'ordre du fantasme qu'autre chose. Depuis le début de la série, on en a envie mais on a aussi tout de suite vu que cela coûterait très cher. Déjà, en ce qui concerne le feuilleton, on a explosé le budget, comme on dit. C est en partie de ma faute car ce que j'ai demandé graphiquement s'est avéré beaucoup plus lourd que ce que 1'on pensait. Mais, on est suffisamment satisfait du résultat pour envisager une animation qui fasse plus cinéma, avec plus de confort financier. "

Lithographie : L'Homme à la Rose
(éditions PMJ)
1999 :
Carte de voeux
(éditions PMJ)

Et c'est vrai que ce " Belphégor" est réellement enchanteur et entièrement marqué graphiquement du sceau Bézian ! " Je les ai assez fait suer pour ça ! Cela a été très dur. Pas tellement pour l'équipe remarquable des décorateurs parisiens car j'ai eu des élèves qui sortaient de l'école des Gobelins, pour qui c'était le premier travail, et qui étaient très motivés. Cela les changeait par rapport aux séries télés qui ont toutes l'air d'être dessinées par la même personne. Pourtant, la difficulté résidait dans le fait que je prenais beaucoup de réflexes conditionnés à rebrousse-poil. Mon trait est fait de lignes droites cassées et de courbés très tendues, ce qui n'est pas habituel en dessins animés où l'on dessine plutôt des formes rondes. Ce trait, il a fallu que les animateurs coréens l'adoptent aussi. Cela a causé pas mal de défections dans leurs rangs car ils avaient l'habitude de travailler sur cinq ou six séries différentes à la fois. Je me souviens du regard malheureux de deux filles qui n'arrivaient pas à comprendre le visage d'un personnage. Je suis allé à la table d'animation et j'ai dessiné moi même pour bien leur faire comprendre. l'ai appris plus tard qu'elles avaient quitté le studio deux jours après. On n'imagine pas à quel point ces gens-là s'épuisent sur leurs ordinateurs: c'est un travail de cinglé car c'est dix fois plus compliqué que le cinéma! "

5- Projets

Aujourd'hui, Frédéric refait de la BD avec plaisir, reprenant un de ses multiples projets qui a trouvé un aboutissement chez Albin Michel: encore une histoire fantastique se déroulant à la fin du XIX' siècle mais c'est sur un scénario malicieux de l'écrivain Noël Simsolo qui nécessite un graphisme qui commence à se décontracter un peu.

6 - Bibliographie

Aux Humanoïdes Associés

  • Adam Sarlech (Scénario et dessin)

  • Adam Sarlech 1989 épuisé

  • La Chambre Nuptiale 1991 épuisé

  • Testament sous la neige 1993 épuisé

  • L'Intégrale Adam Sarlech 2002
  • PMJ

  • Archipels 1997 (Scénario et dessin)

  • Chien-Rouge Chien-Noir 1999 (Scénario et dessin) épuisé


  • Présentation de la série TV
    " Belphégor"
    (Les armateurs)

    Delcourt
  • Participation aux collectifs

  • Paroles de taulards 1999 (Dessin)

  • Paroles de taule 2001 (Dessin)
  • Autrement

  • Participation au collectif

  • Noire est la Terre 1996 (Scénario et dessin)
  • Magic Strip

  • L'Etrange Nuit de Monsieur Korb 1982 (Scénario et dessin)

  • Fin de Siècle 1983 (Scénario et dessin)

  • Totentanz / La Danse des morts 1986 (Scénario et dessin)
  • Ville de Muret

  • Muret 1213, ma bataille 1986 (Scénario et dessin)
  • Librairie d'Ailleurs

  • Galerie de cimetières 1984 (Illustrations)
  • Futuropolis

  • Ginette, Martine, Josiane 1982 (Scénario et dessin)

  •  

    Dossier réalisée par Gilles Ratier

    Gilles

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