Avec Davodeau une querelle paraît familière, un enlèvement humain et un meurtre excusable car tous partent de sentiments qui sont décrits avec un tel réalisme qu’on n’a aucun mal à se les appropriés. Une fois ces sentiments nôtres, les actions qui en découlent paraissent tellement logiques qu’on les juge différemment. Ah, si Davodeau présentait le journal parlé chaque fait divers paraîtrait sûrement plus acceptable, moins écœurant et certainement plus humain et plus proche de la réalité.
Une note d'Etienne Davodeau en page 2 précise : "Trouver dans les pages qui suivent une ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé serait faire preuve de mauvais esprit. Et c'est très vilain." Du second degré évidemment, car le lecteur aura vite fait de faire certains rapprochements (facile...) ! Delorme, organisateur du spectacle en plein air "Nos valeurs, notre terroir " (...) et Phillipot son allié politique, responsable du parti "Traditions et Convictions" (...) font campagne pour les prochaines élections. Phillipot est assassiné ... Albert, péquin moyen, a tout vu. Il décide de régler l'affaire à sa manière. Mais il n'est pas si facile de s'improviser justicier !!! Album très proche dans la forme et le fond du superbe "Réflexe de survie", la "Gloire d'Albert" verse dans un pessimisme très sombre. Pauvre Albert, entraîné par des convictions bien fragiles, dans une aventure qui le dépasse ! Davodeau scénarise et dessine (le tout superbement) une histoire ou la fiction et une réalité (presque palpable) jouent en permanence à cache-cache ...
Avis d'invité Bernard
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