Paris, 1948, Victor Levallois aide comptable dans une société d’import-export vit une petite existence monotone. Un jour, un collègue austère sur lequel milles ragots circulent se trouvent très bavard. De coïncidence en coïncidence, Victor se retrouve à Marseille où il est chargé de faire le coursier et de donner une mallette rempli d’argent à un certain Leguen. Très vite, la situation lui échappe et cette aventure le mènera beaucoup plus loin.
Bien que le scénario soit parfois surprenant par les réactions de notre aide-comptable, Rullier captive le lecteur par les protagonistes qui entrent en jeu. Il est appréciable de voir l’interaction entre Victor le naïf parisien, Arnaud, le militaire fêtard. Bien que le dynamisme ne soit pas toujours au rendez vous (et que le tome manque parfois d’originalité), celui-ci garde une consistance grâce au dialogues et aux comportements des personnages et par l’intrigue qui est elle-même intéressante. Rullier utilise par ailleurs une narration pour décrire les songes de son héro, exercice qu’il maitrise puisque ces derniers sont assez nombreux pour éclairer le lecteur sur les pensées de Victor, mais sans que cet outil ne soit trop utilisé est gène dans la lecture de l’opus et enlève du dynamisme. Les dessins ne sont pas originaux et semble parfois avoir vieilli. On se laisse pourtant prendre au jeu car même si les illustrations sont simples et sans fioritures, ils restent efficace et colle bien au scénario. J’apprécie par ailleurs, les icones remplaçants parfois le texte ce qui dynamisme l’opus s’en embrumer le lecteur puisque celles-ci restent ponctuelles.
Un opus avec une originalité et un dynamisme faiblard, mais qui par l’intrigue et ses protagonistes séduit le lecteur.