Farce administrative Une jeune femme est chargée de révolutionner le fleuron d'une administration sclérosée par la paperasserie.
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cote moyenne :
Vos Avis
5 Octobre 2006
D'accord avec Diane ... je n'ai jamais mis 0 mais là, j'ai rien compris, je suis pas rentré dedans, j'ai lu en 1/4 H en me faisant chier grave ... c'est du foutage de gueule d'autant que j'ai beaucoup aimé tous les albums précédents de ce duo (surtout la vie de ma mère!). A déconseiller, je suis limite vénère !
Avis d'invité dgege
28 Septembre 2006
Thierry Jonquet et Jean-Christophe Chauzy se sont trouvés. L'un comme l'autre penchent plutôt à gauche mais sont aussi et surtout animé par le doute. Par le passé Jonquet avait courageusement dénoncé le sectarisme de l'extrême gauche dans le monde de l'édition. Pendant longtemps avoir la carte du parti étaient absolument nécessaire pour espérer que ses propres écrits puissent un jour exister dans les rayonnages. Mais le mal qui agacent les deux compères vient surtout de ce leitmotiv justement raillé dans leur dernier album : "Du passé faisons table rase". Cette phrase imbécile a eu des conséquences désastreuses aussi bien dans l'éducation nationale avec la fin de l'enseignement de l'histoire, que dans le micro-monde de la littérature. Dans cet élan, beaucoup de sociologues aussi (pro)clamèrent haut et fort la fin de "l'Histoire"; depuis, on a vu que l'effondrement des deux tours new-yorkaises leur avaient donné tort.Tel fut déclaré l'arrêt de mort du roman épique, du moins en France. Dans cette brèche — pour ne pas dire dans ce gouffre— est née la forme la plus misérable de littérature à savoir : l'autobiographie ou plutôt le "roman vrai". Ainsi la littérature française moderne — et j'englobe la bande dessinée — se retrouve inondée d'autobiographies insignifiantes et plates ou de récits débauchés, faute de réelle créativité. Il est difficile pour le lecteur de ne pas se positionner entre la BD catéchiste à la Chabouté, l'autofiction suffisante de Sfar et les naïades racoleuses de Soleil. Pourtant il existe bel et bien une place pour une écriture à la foi plus réfléchie, imaginative et salutairement insolente. "Du papier faisons table rase" prouve qu'en France la censure existe toujours et qu'elle a su s'adapter à la modernité. Les mêmes qui déclaraient "Il est interdit d'interdire" occupent désormais les places des censeurs et des critiques. L'Association des Critiques de Bandes Dessinée — véritable politburo — tue un ouvrage ou un genre en faisant l'apologie d'un modèle unique ou de quelques "happy few". Plus question d'attaques frontales sur une œuvre ou une maison d'édition comme par le passé. La censure est également partagée de gauche à droite avec cependant des moyens différents. Leur feu commun touche curieusement le même le type d'œuvre, à savoir la caricature et l'humour. Il n'y a pas si longtemps, Nicolas Sarkozy proposait d'intégrer l'idée effroyable de blasphème dans le droit français pour éviter de froisser les musulmans comme cela avait pu être le cas lors de l'affaire des caricatures de Charlie Hebdo. Les réactions aujourd'hui énoncées à l'encontre du dernier album de Jonquet et Chauzy sont tout aussi inquiétantes et laisse présumé qu'il ne sera bientôt plus possible de rire — ou de réfléchir — sur les travers de n'importe quelle minorité. "Du papier faisons table rase"est l'occasion rêvée par certains critiques pour brandir la matraque ou le pavé. Les insultes de rigueur, "Réac", "Fachos" sont déjà ahanées comme aux plus belles heures de soixante -huit. Comme quoi le temps et la sénilité qui l'accompagne ont gommé les différences passées entre bourgeois biens gras et boutonneux maoïstes. Chauzy a été marqué par l'écriture de Kafka. Beaucoup de ses albums témoignent de la peur d'être digérée par la créature amorphe qu'est la société où l'individu n'a pas droit à la différence. Il met ainsi dos-à-dos la société de consommation libérale et le système socialiste. Car enfin, ces deux monstres ont beau évoquer pour l'un la nécessité du monde moderne et l'autre le progrès social en marche, tous deux ne sont en vérité que des avatars d'anciens systèmes manichéens. Il ne faut donc pas perdre de vue que "Du papier faisons table rase" n'est qu'une réflexion sarcastiques sur notre société et qu'elle ne s'entend épargner personne. Elle égratigne au passage le canon imposé par les grandes maisons d'éditions qui exigent une présence féminine dénudée (dans le meilleur des cas).
Comme nous le laisse supposer l'avis de Diane plus haut, les fonctionnaires vivent souvent dans une bulle coupée du réel. Tous ceux qui ne sont pas fonctionnaires ont en tête des quantités d'exemples allant dans ce sens. Il était temps que nous, simples contribuables, puissions nous en payer une tranche en mémoires des grèves abusives, des huissiers appelés pour un oui ou pour un nom, des manifs faux cul (du type, "c'est pour vos retraites qu'on manifeste), des amendes pour oubli de report de numéro de carte orange, des papiers alinéa 415-223-12B introuvables, des simples pansements facturés 150 euros aux urgences (non remboursés)… Mais que se rassure Diane, personne n'est parfait…
Avis d'invité Pyms
7 Septembre 2006
J'avais assez aimé DRH, précédente BD des deux auteurs et trouve que Chauzy sort souvent des Bd assez pertinentes bien qu'assez ignorées dans l'ensemble... Donc, je commence ma lecture avec un à priori favorable. Et, paf, déception, j'ai eu du mal à accrocher, le scénario, assez délirant donne une image assez détestable (ironie ?) des adminstsrations, laissant entrevoir un vieux fond de populisme nauséeux (lutte de l'ultralibérale -carricaturée aussi !- contre la paprasserie, les horaires appliqués à la lettre, les 35 heures et les pauses déjeuner, les syndicats sur-puissants et bloquant toute réforme, les arrêts maladie en cas de tentative de changement). Même quand on doit le prendre au second degré (en plus j'en doute un peu ...), ce genre de propos a toujours ce vieux fond "fonctionnaires intouchables, privilégiés, fénéants" qui peut plaire ... mais aussi blesser. Vous l'avez deviné, j'en suis, privilégiée et fénéante à la fois, je me défends bec et ongle... et ben même pas ! De plus le happy end général assez baclé (expédié en une page) me laisse sur ma faim. J'ai pas aimé quoi ! Mais, vraiment, de plus, y ai trouvé quelque chose de détestable, trouvé quelquefois dans quelques caricatures baclées de mauvais dessinateur de presse ... mon premier "0" sur le site je crois !