vincent Chroniqueur
Inscrit le: 01 Jan 1970 Messages: 351 Localisation: Antony
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Posté le: Dim Juin 19, 2005 3:34 am Sujet du message: [Edito] Instants de grâce |
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Alors que s’ouvrait la 1ère Semaine de la BD lancée par le Syndicat National de l’Edition, à Antony (sud des Hauts de Seine en région parisienne), nous organisions les 27 et 28 mai, nos troisièmes journées de la BD : <i>Des Bulles dans la ville</i>. Un festival comme il y en a tant, chaque semaine aux six coins de l’hexagone. Avec juste quelques petites spécificités : au lieu de se dérouler le temps d’un WE, les rencontres avec les auteurs ont lieu vendredi soir et samedi. Et le cadre en est la bibliothèque municipale, afin de toucher un public peu averti, celui des usagers du lieu.<br><br>
Enfin, le vendredi soir, se tient une rencontre - débat avec les auteurs . La première année, sur le thème « La BD et la vraie vie », nous avions reçu Loïc Néhou, Fabrice Neaud, Florence Cestac, J.C. Denis. Sur le polar, nous avions eu, entre autres, la visite de Jose Muñoz et Jeff Pourquié. Cette année, nous avons eu le plaisir d’accueillir six artistes dont les travaux nous semblaient représenter de riches variations sur le thème de l’Imaginaire : Edmond Baudoin, Jean-Luc et Philippe Coudray, Lidwine, Sandrine Revel et Jose Roosevelt. <br><br>
Cette heure et demi passée en leur compagnie se révéla un pur instant de grâce. Les paroles des auteurs se faisaient l’écho de leur travail. La poésie d’Edmond Baudoin chantait dans ses paroles, la simplicité délirante des frères Coudray touchait le cœur et les zygomatiques de l’assistance, Lidwine nous expliquait cette philosophie peu commune qui l’anime et l’amène à être aussi peu prodigue en albums. Jose Roosevelt expliquait son parcours, son oscillation entre peinture surréaliste et BD tandis que Sandrine Revel confiait les clés des paradis et enfer d’<i>Un Drôle d’Ange Gardien</i>. L’animateur de la soirée se retrouvait parfois débordé par des auteurs qui prenaient plaisir à répondre aux questions qu’il ne leur avait pas posées. <br><br>
Bien sûr, la salle n’était pas pleine. Bien moins pleine que le lendemain pour les classiques séances de dédicaces. Même les élèves de l’école de bande dessinée installée à 200 m de là n’avaient pas vu l’intérêt qu’ils auraient pu avoir à venir écouter leurs aînés leur expliquer les feux de la création, les moteurs de leur parcours artistique. Mais qu’importe le nombre de spectateurs tant que l’ambiance est conviviale ! D’ailleurs, en fin de rencontre, Edmond Baudoin s’adressait à l’assistance : « Je ne sais pas pour vous. Mais moi, j’ai le sentiment d’avoir bien travaillé. » <br><br>
Cette rencontre avait en effet été un moment rare, fécond. Grâce aux auteurs qui ont su se livrer sans faux-semblant. Ce type d’événement est moins médiatique, moins “populaire” que la Semaine de La Bande Dessinée. Mais il en est un complément indispensable pour permettre aux auteurs de se retrouver, de s’exprimer librement et de toucher un public nouveau ou fidèle, peu nombreux, certes, mais profondément marqué par ces instants à part. <br><br><br>
PS : l’exposition de planches originales de Buchet, Druillet, Fred, Juillard, Lidwine, Mathieu, Munuera et Roosevelt (“Arrêt sur imaginaire”) organisé à l’occasion <i>Des Bulles dans la ville</i> se prolonge jusque fin juin. C’est juste en face de la gare RER B Antony dans le cadre somptueux de La Maison des Arts. Un but de promenade pour les Parisiens ? |
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