Oyez, oyez, braves gens, la sombre histoire d’un truand, un voyou devenu tueur à gages. Un tueur froid et énigmatique, atteint d’une maladie qui lui ronge ses dernières forces et qui ne lui laisse aucune autre issue que la mort. Mais avant de disparaître, cet homme à l’agonie, cadavre en puissance, quitte l’hôpital où on le soigne, titubant, pour régler ses comptes et retrouver sa fille… les armes à la main.
Plus noir et plus glauque, tu meurs ! Et oui, attention, ce polar très violent, va vous secouer. On vous aura prévenu, après lecture, votre moral va en prendre un coup : ou alors, vous êtes complètement insensibles ! En effet, l’histoire de ce malfrat désespéré vous prend d’entrée à la gorge, grâce à la plume très littéraire, et pourtant très légère, de Philippe Paringaux : ses longs narratifs n’atténuant en rien l’aspect impeccable de la narration elliptique et l’excellence du choix des mots, mis en valeur par le choc des dessins. Des dessins figés, glacés et épurés, mais totalement expressifs et élégants : aussi adaptés aux ambiances nocturnes et citadines qu’à celles qui sont ensoleillées et exotiques. L’illustrateur de «Barney et la note bleue» ou de «White Sonia» est en pleine possession de ses moyens et semble même atteindre le point culminant de son talent avec une excellente mise en exergue de la puissance esthétique de son graphisme. Sans parler de l’extraordinaire utilisation de couleurs franches qui nous rappelle que la BD est un art, très proche de la peinture !
noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir pour un tueur qui se meurt ... et en beauté ! un scénario désesperant au possible, uen mise en image sublime, des couleurs de toute beauté, un combat avant la mort relaté par des maitres... de temps en temps, j'aprécie des auteurs confirmés, quasi classiques, qui vous servent un petit bijou, mortel et bien mené !