Contrairement à la plupart des enfants rois, Adalbert en est un véritable. Ses désirs devenant des ordres, ses caprices peuvent ainsi être réalisés et ils prennent le plus souvent la forme d'idées saugrenues, comme celle de remplacer tous les enfants de son royaume par des robots à son effigie ou celle d'effectuer un pique-nique dans une nature qu'il ne supporte que bétonnée.
Ce premier tome du "Roi catastrophe" contient trois histoires courtes dans lesquelles Lewis Trondheim laisse judicieusement galoper son imagination débordante toujours propice à inventer des situations délirantes au machiavélisme enjoué plutôt irrésistible. Comme pour la série "Venezia", c'est Fabrice Parme qui est aux dessins et son trait et ses couleurs, qui évoquent ici certains dessins animés des années cinquante ou soixante - Satanas et Diabolo, La panthère rose… -, collent parfaitement à cet univers. Un seul bémol toutefois : le coloriage par ordinateur dont sont adeptes Trondheim et certains des auteurs avec lesquels il collabore - Sfar, Larcenet et ici Parme - est utilisé de telle façon qu'il a tendance à uniformiser quelque peu leur univers visuel, notamment au niveau des fonds de couleur ou de certaines formes - telles que les volutes - parfois très ressemblants d'un album à l'autre.