Un jeune couple de fermiers possède une vache ; afin d’avoir des veaux, le mari achète un taureau qu’il obtient à un prix étonnamment bas. Une fois mis en présence de la vache, le taureau n’est pas attiré par elle, tout simplement parce qu’il se sent davantage vache que taureau ! Pour couronner le tout, la foudre s’abat sur les deux bovins et leur confère la parole, leur permettant de communiquer avec les fermiers et d’exprimer leurs problèmes existentiels.
La complainte du taureau-vache est probablement la première BD tous publics à parler ouvertement de transsexualisme. Les auteurs le font certes par le biais d’un conte animalier, mais le sujet est bien là, abordé de manière plutôt directe et fine. Cette histoire aurait cependant gagné à être traitée en une quinzaine de pages au lieu des quarante-huit durant lesquelles elle se trouve ici étirée : une fois la situation posée, les nombreuses répétitions et variations n’apportent pas grand-chose. L’intérêt de l’aventure réside donc essentiellement dans le parti pris d’aborder un tel sujet avec humour et en direction d’un large public.