Capucine
Des yeux myosotis au corps chrysanthème
« Dansons la capucine, y’a pas de pain chez nous, y’en a chez la voisine, mais ce n’est pas pour nous ». Cette chanson répétée au fil de l’ouvrage sert de fond comme de révélateur aux confidences d’une petite fille qui voit fleurir sur le corps de sa mère de singulières fleurs, résultat des coups que lui donne son compagnon.
Capucine est un récit coup de poing qui aligne et dénonce ceux que reçoit une mère devant sa fille, spectatrice impuissante malgré elle. Ici, il n’y a ni complaisance, ni voyeurisme, mais une chanson qui revient, rythme le récit et génère des commentaires par lesquels on appréhende peu à peu la situation. Le texte court autour des dessins, est modelé par eux ; sa présence et la forme qu’il prend sont signifiantes. Le dessin, fin, luxuriant et intense de Camille Grosperrin convoque dès le début des figures macabres qui, progressivement, éclairent sous un angle nouveau le texte et révèlent véritablement son propos. Album exigeant, courageux, mais somme toute plutôt limpide, Capucine marque d’autant plus profondément l’esprit qu’il ne cherche manifestement pas à nous conquérir. Sa lecture n’en est que plus importante et bouleversante.
Corinne Dreyfuss sera présente à la Médiathèque Marcel Pagnol à Aubagne, samedi 28 février 2009, dans le cadre d’une journée de rencontres et de dédicaces. Elle participera notamment, avec Jeanne Puchol, à une table ronde consacrée à « la Femme et la BD », de 17h30 à 19h00.
Médiathèque Marcel Pagnol, Chemin de Riquet, Aubagne. Tél. : 04 42 18 19 90 / Site : www.mediathequemarcelpagnol.webnode.fr
Boris
25 Fevrier 2009
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C. Dreyfuss
C. Grosperrin
N&B
Editeur : Diantre ! Janvier 2009 - 88 Pages
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