Dans mes yeux
Amour ou désir ?
Une bibliothèque, un garçon et une fille se font face… Sauf qu’on ne voit – et qu’on ne verra, tout au long du livre – qu’elle ! Leurs regards se croisent, quelques mots sont échangés puis une discussion débute. On ne saura d'ailleurs pas grand-chose de cette discussion car l’auteur s'amuse à placer des ellipses au cœur des actions. Et ne nous donne à entendre que les paroles de la belle… Les deux jeunes gens échangent leurs numéros de téléphone, finissent par se revoir... Il en pince pour elle, alors il vient un soir l’attendre à la fin de ses cours…
Bastien Vivès, je te hais. Carrément ! Car enfin, comment est-il possible d'avoir autant de talent ? Aussi jeune, en plus ! A un point que cela ressemble à de la facilité. Et que je te dessine mon héroïne quelques centaines de fois dans ma nouvelle BD et que dans chaque case, je réussis à la rendre vivante, présente, séduisante, envoûtante. Pour Le Goût du chlore, mon précédent ouvrage – NDLR : fort logiquement couronné par un Essentiel à Angoulême – j’avais joué avec des couleurs informatiques saisissantes ? Qu’à cela ne tienne, cette fois, je me suis amusé avec mes crayons de couleurs et mes feutres ! La dernière fois, j’avais raconté une histoire d’amour à la piscine ? Cette fois, j’ai décidé de vous raconter à peu près la même romance mais dans une bibliothèque, un cinéma et divers autres lieux. Je ne pourrai plus jouer sur l’ambiance d’un lieu clos, unique, spécial, mais je vous fais le pari que mon récit fonctionnera aussi bien ! Et je vais même prendre le soin d'annoncer en interview que c’est la même histoire semi-autobiographique que la dernière fois car, envoûtés par le charme de ma narration, de mon personnage, vous risqueriez de ne pas vous en apercevoir. D’autant que, cette fois, je me suis amusé à tout rendre en caméra subjective. Comme dans La Femme défendue de Philippe Harel, avec la séduisante Isabelle Carré.
Comment ne pas te haïr ? Car, en fin de compte, en racontant une belle histoire d’amour, en mettant en scène une aussi jolie fille, en jouant avec le médium BD comme tu le fais, tu ratisses tous les publics, tous les compliments, sur le dessin, l’ambiance, le jeu formel… En plus, si vous avez la chance de le rencontrez en festival,vous verrez, il est tout jeune, tout simple, sans flagornerie. Sympa, quoi ! Sauf que maintenant, pour avoir une dédicace, ça va être coton !
Un gars comme ça, ça vous fout en l’air des générations de dessinateurs qui, écoeurés, jettent leur pinceau, leur plume, cassent leur écran d’ordinateur… Un vrai danger public !
Heureusement, avec cet ouvrage, comme avec le précédent, il me reste à la fin de sa lecture un petit goût de trop peu (malgré les nombreuses pages), de pas été au bout de la chose. Eh bien en fait, ça me rassure : il est humain ! Et je peux dès lors même espérer que ce jeune génie du neuvième art me chavire à l’avenir encore davantage, que son talent s’épaississe, que les années le bonifient.
Allez, sans rancune !
(surtout si tu acceptes de me faire une p'tite dédicace à l'occasion...)
Vincent
12 Mars 2009
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B. Vivès
B. Vivès
B. Vivès
Editeur : Casterman Collection : KSTR Mars 2009 - 136 Pages
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