Sexe, art, politique et liberté font un bon ménage
La fuite en avant d'un couple recherchant au Mexique les libertés qui nourrissent leurs arts. Le photographe Edward Weston quitte femme et enfants pour rejoindre sa maîtresse dans le Mexico de 1923. Celle-ci n'est autre que l'actrice hollywoodienne, tout aussi réelle, Tina Modotti. Dans cette période d'espoir qui fait suite à la guerre, les deux amants refont le monde de l'art. Ils évoquent notamment les peintures muralistes et parlent de "socialisation de la création", en opposition à la commercialisation des toiles. Tina et Edward vivent l'art comme une révolution et leur amour avec passion et liberté. Mais jusqu'où profiter de la liberté ?
Denis Lapière retrace le combat d'un couple éclairé à travers le regard et le témoignage d'un proche fictif, le peintre français Théophile Genet. C'est lui qui nous fait vivre le bouillonnement de Tina Modotti et d'Edward Weston. Revenir sur le parcours de ce couple oblige à un savant dosage entre bienveillance et souffrance. Lapière livre au final un récit intéressant.
Le va-et-vient avec Théophile Genet reste toutefois ambigu dans le sens où son histoire finit par prendre le pas sur celle de Tina Modotti et d'Edward Weston. Mais sans doute est-ce là le moyen d'établir une transition avec la seconde partie de la BD. Le plus important est de signaler la qualité des dessins de Ruben Pellejero. Il nous transporte dès la première planche dans l'univers de la BD. Pellejero retranscrit parfaitement la chaleur d'un Mexico idéal ainsi que l'ardeur et l'intimité du couple Modotti-Weston.