Je me souviens
Souvenirs prenants
Zeina Abirached, l’auteure de Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles se souvient de sa vie à Beyrouth... Pendant la guerre civile mais aussi après : « Je ne me souviens pas du dernier jour de la guerre. Mais je me souviens de la première fois où l’on a pu prendre une vraie douche. Je ne me souviens pas du jour précis où le mur qui barrait la rue Youssef Semaani a été détruit. Mais je me souviens de mon incrédulité quand, 10 ans après la fin de la guerre, marchant dans Beyrouth, j’ai réalisé que la rue en face de la mienne, qui pendant 15 ans avait été " de l’autre côté "… s’appelait aussi rue Youssef Semaani. »
Au fil des 96 pages, la jeune femme égrène ses souvenirs, rebondissant de l’un vers l’autre, comme si elle se laissait porter par le fil de s mémoire. Des petites choses sans gravité, des détails, des émotions simples, un peu dans le désordre mais qui, mises bout à bout, viennent faire naître l’émotion, dépeindre avec une infinie délicatesse ce que fut la vie de cette petite fille, ce qu’elle est désormais devenue.
Autant son précédent ouvrage était une sorte de huis clos somptueusement orchestré, autant celui-ci est d’une grande légèreté… celle de l’enfance, même si cette enfance fut donc marquée par la guerre civile. Zeina sait replonger dans sa mémoire pour en retrouver l’essence voire la quintessence. Au-delà des évidences – elles viennent toutes deux d’Orient, ont toutes deux été fortement marqué par le graphisme de David B. – ce qui, artistiquement, rapproche le plus Zeina Abirached et Marjane Satrapi, c’est sans doute bien cette capacité à raconter ses souvenirs en y posant, des années après, un regard toujours teinté d’enfance…
Je me souviens est peut-être un ouvrage moins "nécessaire" que Mourir, partir revenir mais cela ne l’empêche pas d’être tout aussi réussi et également troublant.
Vincent
18 Mars 2009
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Z. Abirached
Z. Abirached
N&B
Editeur : Cambourakis Décembre 2008 - 96 Pages
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