Carnets d'Orient T. 10
Terre fatale
La France ne s'étendra pas de Dunkerque à Tamanrasset.
Exilé au Canada pour fuir la guerre sur sa terre natale, Octave avait du rentrer en Algérie pour les obsèques de son père. Samia, sa compagne, avait tenu à l’accompagner afin de revoir cette terre qui lui manque si cruellement. Mais un soir, celle-ci s’était enfuie sans prévenir, désirant retourner au Djebel Amour de son enfance.
Afin de la retrouver, Octave accepte de reprendre du service dans l’armée française qu’il avait pourtant récemment abandonnée, dégoûté de la tournure prise par les événements. C’est pour lui la seule solution, sa bien-aimée ayant pénétré en zone interdite. En outre, la mission qui lui est confiée lui semble opportune : amener les dirigeants des maquis à négocier un cessez-le-feu avec le général de Gaulle. L’intervention d’Octave est couronnée de succès… mais connaît finalement une issue tragique : le président français préfère donner la priorité aux négociations avec le GPRA, les représentants politiques du FLN, et sacrifier les chefs des maquis.
Avec Carnets d’Orient, Jacques Ferrandez a composé une fresque historique somptueuse de bout en bout. Débutée voici plus de vingt ans, avec un premier récit retraçant l’époque de la conquête du pays par les armées françaises, elle retrace près de 150 ans de l’histoire de ce pays qui l’a vu naître.
Au travers de personnages de fiction, il réussit à présenter les événements historiques avec pertinence et recul sans pour autant appesantir son propos le moins du monde. En particulier, au fil des 5 tomes mettant en scène cette « Guerre sans nom », il réussit à mettre en scène les déchirements vécus par les habitants de cette terre, qu’ils soient arabes, kabyles, juifs, français ou militaires de carrière, qu’ils aient pris le parti de l’Algérie française ou celui de l’indépendance.
Evitant tout manichéisme, il fait ainsi pencher son personnage principal, pourtant généreux et pacifiste, du côté des putchistes, sans que ce rebondissement apparaisse improbable.
Si Jacques Ferrandez n’est pas le plus implacable dessinateur réaliste du Neuvième Art – il ne cherche d’ailleurs nullement à l’être, son sens du découpage, du rythme, le charme de ses somptueuses aquarelles fait de cette bande dessinée un vrai bonheur de lecture.
Une grande œuvre s’achève avec ce dixième tome. Il est temps de la (re)découvrir.
Vincent
03 Juin 2009
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J. Ferrandez
J. Ferrandez
J. Ferrandez
Editeur : Casterman Collection : Auteurs Avril 2009 - 64 Pages
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