Gil Jourdan T. 1
Intégrale - Volume 1
Crouton dans la mêlasse…
L’inspecteur Crouton fait sortir le dénommé Libellule de prison, menottes aux poignets, afin de le conduire à la reconstitution du cambriolage d’une maison de star. Comme il est plutôt bon bougre (son principal défaut), il cède à la demande de Libellule d’y aller en taxi. Ce qu’il ignore, c’est que le chauffeur de taxi qui les prend à son bord n’a d’autres desseins que celui de libérer Libellule… pour en faire son second. Son nom ? Gil Jourdan. Son objectif ? S’en prendre aux trafiquants de Popaïne, afin de se faire connaitre et de lancer son activité de détective…
Première série de Maurice Tillieux qui restera dans l’histoire, Gil Jourdan est à son tour proposée en intégrale, dans l’ordre chronologique des enquêtes. Ce premier volet offre un diptyque de départ composé de Libellule s’évade et de Popaïne et vieux tableaux et de deux « one shots » : La voiture immergée et Les cargos du crépuscule. Modeste, Tillieux disait à qui voulait l’entendre qu’il ne savait pas dessiner. A défaut d’égaler certains de ses contemporains, il compensait avec un très bon sens du découpage et de la mise en scène, reposant essentiellement sur sa culture cinématographique. Avec le recul des années, Gil Jourdan offre un plaisir de lecture toujours intact, même si le coté « historique » prend rapidement le dessus sur la fiction. Impossible de parler de « défauts » sans passer pour prétentieux, car Gil Jourdan incarne l’enfance de l’art et le défrichage d’un genre en plein essor, néanmoins, on ne peut nier que Tillieux compte quelques ses péchés mignons. S’il a eu, par exemple, l’idée brillante d’imaginer un second rôle original en partant d’un éternel évadé aux doigts de fée, le personnage de Libellule eut gagné à être davantage développé, notamment sous ses aspects comiques. Bref, Gil Jourdan vaut davantage le détour par ses innovations narratives et de mise en scène que par son humour qui souffre, à posteriori, de la comparaison avec bon nombre de séries aux personnages plus vivants.
A noter le très beau cahier de 32 pages de « bonus » qui introduit ce premier ouvrage, objet remarquable.
Francis
24 Juin 2009
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M. Tillieux
M. Tillieux
V. Léonardo
Editeur : Dupuis Juin 2009 - 240 Pages
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