Martin est pianiste dans une boîte de strip-tease. Fumeur invétéré, il observe les volutes de ses cigarettes, voire s’y perd. Comme tous les clients et les employés des Naïades, il est impressionné par la beauté de la dénommée Jeanne. Lorsque celle-ci lui tourne autour, il se dit que ça cache quelque chose ; il n’a sûrement pas tort…
En roman, en film ou en bande dessinée, les récits délétères teintés de jazz, principalement nocturnes et construits autour d’une femme fatale au charme irrésistible sont légion. Chaque nouveau récit qui s’aventure sur ces terres doit donc être particulièrement original et/ou formidablement écrit pour faire mouche. Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez réussissent ici cet exploit. Leurs personnages sont simples mais attachants - Martin a des airs de Serge Gainsbourg et Jeanne est comparée à l’actrice-chanteuse Jayne Mansfield. Les procédures et figures convoquées (fuite en voiture, poursuite, fumée, décapitation…) reviennent sous différentes formes par un jeu de correspondances ludiques et dynamiques. Tous ces éléments prennent place dans un récit à la construction précise et habile qui emporte le lecteur et ne le lâche plus. Sensuel et parfois expressionniste, le dessin semi-réaliste d’Olivier Balez joue brillamment avec un nombre limité de couleurs par page et apporte davantage de poésie à cette histoire. Arrivé au terme du voyage proposé ici, le lecteur est saisi par une fin, certes un peu prévisible mais probablement la seule possible, sombre et, paradoxalement, assez lumineuse.
Le coup de coeur de la rentrée! L'histoire d'un musicien (de jazz?) prêt à tout pour aider la très (trop?) belle strip-teaseuse ( pas si honnête) du club. L'athmosthère fin de nuit-genre jaz classique langoureux- est fort bien retranscrit dans cet album. Al