Le corps de Joséphine Taillandier, serveuse à la Champagne combattante – ex Champagne heureuse – est retrouvé dans les tranchées, à demi enseveli sous la terre, une lettre d’adieu glissée dans son chemisier. Comme le soldat Choffard l’avait menacée, il a été mené au poteau d’exécution. L’affaire n’était pas réglée pour autant puisque, quelques jours plus tard, deux autres cadavres féminins sont retrouvés en première ligne. L’état major décide alors de diligenter une enquête. Le lieutenant de gendarmerie Vilatte – un civil – se retrouve donc envoyé sur le front afin d’identifier le coupable et de mettre hors d’état de nuire. Une mission un peu absurde quand les morts s’amoncellent dans les tranchées…
Dès ses débuts, avec Toussaint 66, Kris est apparu comme un scénariste intéressant avec une vraie écriture, une sensibilité particulière. Ses différentes créations, depuis, n’ont pas déçu (Coupures irlandaises, Un Homme est mort). Pourtant Notre mère la guerre, un récit de facture plutôt classique, me semble marquer sa première réussite vraiment marquante : il réussit à composer une histoire de poilus singulière, où l’âpreté de l’existence de ces derniers est parfaitement mise en scène, tout en centrant son propos sur une enquête policière et sur un « militaire » non impliqué dans le conflit. Tout dans son propos – à commencer par ses personnages – est parfaitement crédible et finement ciselé.
Si le dessin de Maël n’a pas l’âpreté de celui d’un Tardi, il restitue tout de même somptueusement la boue et la brume des tranchées. Si son dessin n’a jamais manqué d’élégance – par exemple dans Les rêves de Milton – il prend davantage de corps et d’intensité avec des couleurs plus soutenues et un trait plus discret, avec moins d’effet de styles.
Un roman prenant dont il faudra attendre la suite pour voir s’il est réussi ou incontournable !
Jolie mise en place d'une histoire bien menée... Un histoire policière dans les tranchées, sorte d'alibi qui pousse un gendarme à découvrir l'horreur qui vivent les autres militaires... classique mais efficace.
Si Kris a de moins en moins à prouver son talent de scénariste, Mael, lui, s'en tire bien dans un genre délicat... car cet univers bd de 14-18 est terriblement marqué pour moi par la Maitre Tardi... Mael s'en tire bien... et ce n'étais pas gagné d'avance. Diane