1h25
jeune femme en souffrance
1h25... le temps d'un voyage en Thalys entre Paris et Bruxelles.
Judith termine son école, puis se rend à Bruxelles. Le milieu de la bande dessinée belge lui paraît plus spontané et naturel qu'à Paris où un code rigide régit les rapports des gens appartenant au domaine.
Le récit est poignant, car au-delà des doutes, incertitudes et tatonnements de la jeune adulte, la souffrance engrangée durant l'enfance ressort, non résolue, et de ce fait insupportable. Maman a eu peur de vivre et ne s'est jamais vraiment fait plaisir. Papa a été l'éternel absent qui s'est surtout occupé de lui-même et de sa carrière. Un brin dévalorisant pour sa fille de surcroît.
Ce carnet intime et autobiographique illustre bien le sentiment de solitude et de malaise qui hante les pensées de l'auteure.
La jeune adulte a du mal à se construire et nous relate ses addictions, ses expériences sexuelles, dont l'amour et le plaisir, tant physique que mental, sont exclus. N'arrivant pas à s'aimer elle-même, comment pourrait elle aimer l'autre ? La petite fille n'est jamais bien loin derrière la femme adulte qui essaie désespérément d'émerger.
Le dessin, aux allures de croquis, doux et discret, renforce l'émotion exprimée par le texte, qui prend l'allure d'une thérapie personnelle.
La lecture de cette oeuvre me laisse dubitative.
Les bandes dessinées permettent de partager une aventure, un rêve, une histoire,une envie ; témoignent d'un évènement, d'une expérience...
Il semble ici que l'auteur ait écrit une expérience tout à fait personnelle pour elle-même, pour se faire du bien. Peut on la partager ?
Françoise
07 Janvier 2010
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J. Forest
J. Forest
Editeur : Cinquième couche Collection : Extracteur Novembre 2009 - 304 Pages
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