Le Ciel au dessus du Louvre
Le ciel au dessus du louvre
Quand le Politique se sert de l'Art
Décidément les ouvrages coédités par Futuropolis et les éditions du Musée du Louvre - lesquelles donnent carte blanche à un auteur pour réaliser une bande dessinée inspirée par les missions de cet établissement public de conservation et par son patrimoine - sont tous remarquables, comme le prouve cet album réalisé par le romantique tragique qu’est Bernar Yslaire en compagnie de Jean-Claude Carrière.
Le célèbre écrivain et scénariste de cinéma, fasciné par cette période (il avait déjà travaillé, entre autres, sur le sujet de la Révolution française en ayant écrit le film « Danton » pour Andrzej Wajda), s’est basé sur l’angle plutôt original de la fête de l’Être Suprême. Il a imaginé une intrigue autour de la commande, passée au peintre David par Robespierre, d’un tableau allégorique représentant une image destinée à contrer un quelconque retour de l’encore toute-puissante religion catholique dans l’État : une sorte d’idéal symbolique personnifié !
C’est alors que Jules Stern, jeune étranger au corps androgyne, perdu dans un Paris en proie au régime de la Terreur, se fait remarquer par Jacques-Louis David et devient son modèle, malgré les réticences de Maximilien… Ce jeune juif de Khazarie qui s’exprime avec des bulles lettrées de façon exotique, ange sacrifié sur l’Hôtel de la Terreur, devient, peu à peu, le point de mire de cette habile histoire post-révolutionnaire, où se succèdent, dans un format presque carré et à un rythme de trois ou quatre pages, vingt chapitres dont les planches sont composées à la palette graphique et où s’intègrent autant de toiles de maîtres exposées au Louvre : et, ainsi, la mission pédagogique est, elle aussi, complètement réussie !
Gilles
07 Janvier 2010
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J. Carrière
B. Yslaire
Editeur : Futuropolis / Musée du Louvre Novembre 2009 - 72 Pages
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