Lisbonne dernier tour
Le talent face à la modernité
Le mage Tosechi est doté de fabuleux pouvoirs spirituels. A l’apogée de sa gloire, il remplissait les salles et subjuguait les foules. Avec son agent, Moréno, ils parcouraient le monde, de palace en palace, menant grand train et belle vie. Mais – est-ce parce que le mage Toseshi a toujours refusé de se produire à la télévision où son talent risquerait de passer pour celui d’un simple prestidigitateur ? – son prestige s’est étiolé avec les ans, son audience s’est clairsemée au point que Toseshi et Moreno ont fini par échouer à Lisbonne, sans réussir à y dénicher le moindre engagement.
Aude Samama a du talent. Et tout d’abord celui de savoir bien s’entourer. Après avoir mis en image un scénario de Denis Lapière (Amato aux éditions Futuropolis), la voici qui s’associe avec le sculpteur de mots argentin, Jorge Zentner. Il faut dire que sa palette de couleurs digne des fauves, son sens de la mise en scène ont de quoi ravir l’œil.
Dans Lisbonne dernier tour, la magie des mots, presque incantatoire, du scénariste du Bruit du givre et de Caravane fonctionne une fois encore. Et l’ouvrage est graphiquement de toute beauté. Ne manque que la présence de Lisbonne, ville si particulière, avec son caractère, ses ruelles étroites, telle que l’évoque le narrateur mais que l’on ne retrouve nulle part visuellement. Au point que, si vous ne connaissez pas la ville avant d’aborder cet ouvrage, il vous est impossible de la ressentir, de la deviner au fil des pages, et donc d’appréhender son influence – pourtant capitale – sur les personnages…
Vincent
04 Mars 2010
|
J. Zentner
A. Samama
A. Samama
Editeur : Les Impressions Nouvelles Janvier 2010 - 72 Pages
|