Dans un univers proche de notre Moyen Age, Hyacinthe de Cavallère est un étudiant comme les autres, plus impliqué par ce que se dit au bistrot que par ses cours en amphithéâtre. Mais la nuit, il devient " la chemise de la nuit ", un justicier masqué valeureux mais malheureusement bien souvent " sans justice à rendre ", et rarement pris au sérieux, en particulier par la belle Alexandra, femme de mauvaise vie à laquelle il voue un amour aussi absolu qu'impossible. Il mène cette vie insouciante grâce à son riche oncle qui pourvoie à tous ses besoins. Aussi Hyacinthe ne peut-il lui refuser aucun service, pas même celui de convaincre son professeur " Maître Fontaine " du bien fondé du projet de métro développé par son affairiste d'oncle.
Toutes les séries du Donjon - au nombre de cinq : Potron Minet, Zénith, Parade, Crépuscule et Monsters - sont, pour le scénario, l'œuvre des même duettistes, à savoir les prolifiques Sfar et Trondheim. Et pourtant, je ne trouve pas le même intérêt à toutes leurs créations : seules Parade et Potron Minet ont eu pour le moment l'heur de me plaire. Il est évident que le dessin de Christophe Blain amène à ce Potron Minet-là un dynamisme et une sensibilité particulière. Il fait ici encore une fois la preuve de toutes les qualités déjà montrées et démontrées dans ses précédents albums, que ce soit les Ogres ou Isaac le Pirate : un dessin minimaliste mais d'une redoutable efficacité, jusque dans la mise en image des sentiments les plus intimes.
Et si l'histoire m'accroche aussi, c'est qu'elle est finalement assez éloignée des jeux de Donjons et Dragons dont s'inspire globalement l'univers du Donjon : contant la genèse du Donjon, Potron Minet nous plongerait plutôt dans une histoire de cap et d'épée au cœur d'un moyen âge mâtiné de juste ce qu'il faut de fantastique. Hyacinthe est un héros bien sympathique à l'esprit chevaleresque mais aux ambitions excédant ses capacités, amoureux éperdu de la vénéneuse Alexandra et indifférent - du moins s'efforce-t-il de le croire - à la belle et romantique Alice, pourtant bien plus proche de son monde. On se sent proche de ce personnage-là, plein de panache et pourtant si dérisoire… Et on a du coup bien envie que le scénario musarde avant de tout nous révéler sur la genèse du Donjon, thème central supposé de cette série. Mais on n'en est qu'au tome " -98 " ce qui laisse à Sfar et Trondheim encore tout plein d'albums pour nous conter les merveilleuses aventures de Hyacinthe !
Alors que Hyacinthe est maintenant devenu la chemise de la nuit et qu’il s’ennuie du manque d’activité durant la nuit à Antipolis, il prend des cours à l’université et fait de plus en plus de rencontres ; il fera la connaissance de Horous le nécromancien ou encore d’Alcibiade, le fils d’Hippolyte. Alors que le comte de Florotte a demandé à son neveu de convaincre son professeur d’accepter son projet, ce dernier est sauvagement assassiné.
Ce second tome est un brin moins intéressant que le précédent tome. En effet, il y a beaucoup moins d’actions et de consistances, il ne se passe pas grand-chose dans ce tome. Maintenant, Hyacinthe est devenu justicier et la vie est moins trépidante que durant les premiers jours à la ville. L’humour pointe toujours et le lecteur se gausse toujours autant grâce aux comportements de nos protagonistes. Le second tome reste intéressant par l’apparition de nouveaux personnages qui donnent du dynamisme à la série. Le caractère et le comportement de chacun est reste le point fort de cette série, cela donne du tonus à celle-ci ; Hyacinthe est devenu maintenant sûr de lui, Horous tente de séduire de joli fille par sa magie noire, mais surtout Alexandra semble toujours aussi coquine. Coté dessin, Blain est toujours aussi performant. Comme pour le scénario l’apparition de nouveaux personnages permet au dessinateur de se mettre en valeur et montrer ce qu’il sait faire. Walter se démarque par ses couleurs où il réalise très bien de la bicolorisation selon l’endroit ou l’heure où se passe la scène.
Un tome ayant moins de consistance que le 1er opus, mais qui intéresse toujours le lecteur par son humour décalé.
bourle
03 Juin 2004
Que les dessins sont beaux ! Que l\'histoire est bien maniée. Tout ce rejoint, le donjon se construit, ceci expliquera cela ect... Une Bd aux possibilités sans limites... Ronron
03 Novembre 2003
Du tout bon donjon... Tout d'abord une intrigue bien sympatique, avec de l'humour Trondheimien et en plus ça ne s'écarte pas du but principal: nous raconter l'histoire du donjon... Trondheim est la "chemise de la BD" jeango
14 Novembre 2002
Dans l'univers prolifique du Donjon, il y a du très bon et du bon. Enfin disons plutôt du réjouissant et du divertissant. Ici, on est dans le réjouissant + + ! Quant au dessin, il faut parfois lui laisser le temps de vous imprégner la rétine pour en apprécier toute la puissance. Une question toutefois : mais où vont-ils chercher tout ça... Raleur