Stéphane Clément T. 10
L' Or bleu
Eau combien problématique…
Stéphane Clément, l'ex-fugitif devenu éternel voyageur, reprend la route direction la Turquie, puis la Syrie, afin d'y délivrer sa Cynthia bien-aimée. Visiblement plus ou moins manipulé, il suit son chemin, étonnamment sans rencontrer de grandes difficultés, jusqu'au moment où l'un de ses contacts syriens est assassiné et qu'il est enlevé. Il se retrouve alors au centre d'un mouvement de rébellion des différents partis kurdes - turcs, syriens, irakiens et iraniens -, enfin unis afin de faire valoir leurs droits. Tout cela se déroule sur fond de lutte pour le contrôle d'un élément devenu le véritable Or bleu du titre : l'eau.
Petit historique personnel. Apparu à la fin des années soixante-dix, le personnage de Stéphane Clément était d'un type nouveau dans la bande dessinée à tendance aventure et voyage : c'est en fuyant qu'il partait sur les routes et celles-ci le conduisaient en Turquie, puis en Inde et, si bien des péripéties lui arrivaient, il n'était jamais traité comme le gentil homme blanc dont la grande culture va aider les peuples qu'il rencontre, mais comme un gars un peu paumé ouvert sur les autres. Authentique fruit des années soixante-dix, Stéphane Clément n'était cependant pas une caricature du baba parti pour Katmandou. Au fil des années et des changements d'écurie - des éditions du Square à Casterman, en passant par Les Humanoïdes Associés -, les aventures de Stéphane Clément étaient devenues de plus en plus convenues. Mis de côté pendant un temps, Stéphane Clément revient dans les années quatre-vingt dix avec Pondicherry, filiation fatale et là, ô surprise, on retrouve l'enthousiasme des premiers albums. Celui-ci s'estompe un peu de nouveau avec Belfast l'adieu aux larmes et avec Vanina Business, mais voilà qu'il reprend avec cet Or bleu. En fait, il apparaît que la Turquie et le Moyen-Orient conviennent parfaitement au style Ceppi. Il peut y conjuguer aventure et enjeux politiques, conflits ethniques et humains, quête diplomatique et amoureuse, tout ceci s'entremêlant de façon subtile et dynamique. On sent que tout ce qui est raconté est étudié, mais parfaitement assimilé et cela nous aide à progresser dans la compréhension de conflits humains aux origines géopolitiques plus complexes qu'il n'y paraît. La bande dessinée selon Ceppi est ainsi un formidable outil pédagogique sans trop de pesanteur, seules quelques maladresses et petites lourdeurs - la discussion avec les otages américains - gênant parfois.
Boris
25 Avril 2001
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D. Ceppi
Editeur : Humanoïdes Associés Avril 2001 - 64 Pages
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