Stalingrad Khronika T. 1
Première partie
La gloire de la faucille et du marteau
Sylvain Ricard est un scénariste souvent très convaincant, surtout quand il s’adonne à la reconstitution d’évènements historiques ou de conflits contemporains. Dans ces évocations souvent ardues, où la bonne documentation est primordiale, la construction de sa narration, déjà très visuelle, devient particulièrement limpide et assurée.
Il en est ainsi est de cette première partie d’un récit légèrement déjanté, où les péripéties et les personnages aux sentiments exacerbés évoluent dans un cadre imposé original : dans le Stalingrad ravagé et fantomatique de la fin 1942, une hétéroclite équipe de tournage, missionnée par Staline lui-même, doit tourner, caméra au poing, un film flatteur à la grandeur de l’armée rouge ! Seulement voilà, le réalisateur est un incapable pistonné par son producteur d’oncle, son assistant est l’ancien directeur du centre cinématographique soviétique passé par les camps de rééducation du régime révolutionnaire avec lequel il a un grave contentieux, le jeune ouvrier qui les guide dans la ville dévastée est un idéaliste et le commissaire politique, chargé de veiller à la bonne marche de cette mission destinée à édifier les masses, a donc fort à faire ; même si la vodka coule à flots…
D’autant plus que la pression est lourde : ce film doit voir le jour ou, alors, il est bon pour le peloton d’exécution !
Le dessin, aussi jeté qu’expressionniste, de Franck Bourgeron exalte cette ambiance dantesque, à mi-chemin entre le drame et la comédie sociale. Il faut dire que ce graphiste est parfaitement rompu à l’art du cadrage, des changements d’angle et des jeux d’ombre… Car c’est un ancien story-boarder qui a travaillé sur de nombreux dessins animés !
Gilles
08 Septembre 2011
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S. Ricard
F. Bourgeron
Editeur : Dupuis Collection : Aire Libre Aout 2011 - 72 Pages
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