Adalbert est encore un gamin et pourtant il est roi. Comme l’un et l’autre, il se laisse régulièrement aller à quelques caprices aux conséquences plutôt dévastatrices. Dans la première histoire («La sécurité avant tout») de ce second tome, Adalbert se réveille avec un garde du corps à ses côtés. Il n’aura alors qu’une seule idée en tête : vérifier son efficacité. Pour ce faire, il met un contrat sur sa propre tête, pour voir si l’armoire à glaces qui doit le protéger remplit bien sa mission. Dans le second récit («Le chocolat ne fait pas le bonheur»), afin de trouver un moyen d’épater l’un de ses cousins venu lui rendre visite, Adalbert décide de changer de monnaie et de prendre comme nouvelle unité monétaire le… chocolat ! Enfin, dans la troisième et dernière histoire («Un jour de chasse au Paradis»), en respect d’une coutume ancestrale, Adalbert doit tuer son premier cerf dans la journée s’il veut rester roi.
Ce second tome est aussi réjouissant que le premier, Lewis Trondheim laissant vagabonder son esprit d’une association d’idées à une autre, poussant toujours plus loin l’art d’avoir réponse à tout. Quelle que soit la situation précédente, la suivante passe toujours au degré supérieur, franchissant un cap, Adalbert n’ayant de cesse de pousser à bout son entourage, finissant toujours par retomber sur ses pattes. La troisième histoire est ainsi exemplaire de la façon de faire de Trondheim : c’est quand la situation est la plus désespérée, que la réussite est le moins probable, qu’elle survient finalement, par un retournement de situation en guise de happy end par l’absurde. Quant au dessin de Fabrice Parme, totalement imbibé de l’influence de certains dessins animés - visiblement «Les fous du volant» et autre «Famille Pierrafeu» -, il colle parfaitement à l’ironie des scénarios.