Fog T. 3
Les Mangeur d'âmes
Dans les brumes londoniennes
Afin d’écrire un article pour le journal le Times, Ruppert Graves entreprend une enquête sur le paranormal et l’engouement qu’il suscite dans la bonne société londonienne. Mais il ne lui est pas des plus aisés d’approcher les prétendus médiums. Heureusement sa compagne Mary Maunceston parvient à le faire inviter à une soirée de spiritisme avec la participation du célèbre médium Mrs Todd. Mais la séance tourne court, Mrs Todd perdant connaissance, assaillie par une sorte d’esprit maléfique. Et rentrée chez elle, elle met immédiatement fin à ses jours dans un geste inexplicable. La même journée, le major Collins, présent à la même séance d’invocation des esprits succombe à une attaque cérébrale tandis que son aide de camp Frigg passe sou un carrosse. Scotland Yard y voit trop de coïncidences et demande à Mary et Ruppert de mener l’enquête mais de manière non officielle.
A chaque page de ce récit, je crains le dérapage. Vous comprenez, moi, les histoires de mangeurs d’âme, de spiritisme en bande dessinée, j’en ai un peu ma dose ! Mais pour l’instant, tout le monde se tient bien, rien à redire. L’enquête menée par Mary et Ruppert, esprits aussi sceptiques que moi sur ces phénomènes, est passionnante. Les personnages sont sympathiques et attachants, en particulier la belle Mary, une femme moderne qui ne parait pas pour autant décalée par rapport à son époque. Parfois un brin bavard le récit se lit pourtant aisément et on a vraiment le sentiment d’en avoir pour son argent. D’autant que le dessin de Cyril Bonin est tout simplement exceptionnel. Son trait est tout fin, genre rotring, mais complété par de larges camaïeux d’encre de chine plus ou moins diluée, ainsi que par une teinte dominante pouvant aller du beige clair au marron dur. Une et en général une seule couleur vive vient égayer la page, au hasard d’une toilette féminine, d’un tapis de billard ou d’une chemise à carreaux. Une lisibilité parfaite malgré un découpage osé, des cadrages variés mais le plus souvent au plus près des personnages.
Dessinateur et scénariste unissent leurs talents pour nous offrir une bande dessinée magnifiquement originale et cohérente.
Vincent
31 Octobre 2001
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R. Seiter
C. Bonin
Editeur : Casterman Septembre 2001 - 64 Pages
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