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Sin City T. 7
L' Enfer en retour
Histoire d’amour dans la ville des pêchers
Wallace, un vétéran du Vietnam devenu illustrateur de presse, sauve Esther alors qu’elle allait commettre l’irréparable. De sauveteur il glisse bien vite au rôle d’amant. Mais leur premier baiser s’accompagne d’une détonation qui envoie Wallace au tapis et le laisse assister, impuissant, à l’enlèvement de sa belle. Il n’aura de cesse que de la retrouver mais dans de si terribles griffes que les cadavres - amis et ennemis - joncheront son épopée.
Je ne suis pas un grand habitué des Comics américains. Mais la lecture de cet Enfer en Retour au milieu des dizaines de bd francobelges que je m’enfile m’a procuré un peu de fraîcheur. Pourtant cette (Ba)Sin City est des plus nauséabondes : corruption à tous les étages, climat délétère, architecture froide. Mais l’histoire de Wallace est captivante. C’est un super héros qui sait se battre, tire au juger, saute dans tous les sens. Mais il a ses faiblesses et se fait copieusement manipuler, ce qui lui donne un coté salutairement humain. On espère, comme lui revoir la belle Esther, même si - je dois avoir un coté sadique – j’aurais préféré une fin encore plus noire.
Frank Miller joue avec ses mises en page avec une totale liberté : une seule image sur deux pages si ça fait sens pour l’histoire ou au contraire une myriade de petites vignettes, des incrustations de visage… Mais toujours en respectant une règle d’or : la lisibilité. Jamais le lecteur ne se pose de questions sur le sens de lecture des images, jamais le noir et blanc vient rendre la situation complexe à appréhender, jamais les retours en arrière ne viennent perturber la bonne compréhension du récit. Tout pour la lisibilité, pour susciter chez le lecteur l’émotion désirée. Les paysages sont quasiment absents, tout est centré sur les personnages, leur visage. Et la couleur vient parfois illuminer le noir et blanc avec deux héroïnes en monochrome – ah ! les yeux bleus d’Esther, difficile d’y résister, on les croirait dessiné par Edmond Baudoin – et un épisode délirant où Wallace, drogué, voit le monde comme une mixture de références issues de la BD et du cinéma. Le dessin de Miller fait d’avantage penser aux maîtres italiens Crepax, Battaglia, Topi… qu’à ses pairs d’outre-Atlantique.
Un récit alliant audace narrative et efficacité grâce à une virtuosité sans faille.
Vincent
18 Octobre 2001
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F. Miller
F. Miller
L. Varley
Editeur : Rackham Collection : Morgan Septembre 2001 - 320 Pages
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 © 2001 F. Miller, L. Varley - Rackham
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