Gothic T. 2
La Sphinge à deux têtes
L’éternel féminin dure…
John Lodge, célèbre peintre et son ami le chanteur rock Terry Lane entreprennent de créer un spectacle total, gothique, sur l’univers d’Edgar Poe. Mais, alors que le tout Londres se presse pour assister à la première, survient une série de disparitions mystérieuses dont la dernière victime n’est autre que Terry Lane lui-même. Un simple d’esprit surnommé « l’enfant » tente de prévenir John du danger que présente son entreprise artistique : il ne faut pas réveiller les monstres… Mais John a l’esprit ailleurs : il est inévitablement attiré par la mystérieuse Leigh, une brune piquante qui lui fait oublier sa blonde compagne Sue. Terry Lane est finalement retrouvé mais il n’est plus qu’un spectre prématurément vieilli…
Le scénariste Rodolphe a connu une éclipse de quelques années. Mais depuis quelques mois, il est sur tous les fronts, chez tous les éditeurs… Pour moi c’est sa rencontre avec Marcelé qui est jusqu’à présent la plus féconde. Car on sent bien que le scénario de Gothic est écrit sur mesure pour le dessinateur au dessin torturé et expressionniste : on retrouve ainsi dans ce récit une veine, un souffle commun avec Le Signe du taureau du même dessinateur mais sur un scénario de Patrick Cothias. Dans un Londres contemporain - mais aux rues inusablement victoriennes - se joue un drame fantastique où le premier rôle est tenu par un être mythique, Lilith, la première femme d’Adam et son égale qui fut jadis chassée de la création. Réincarnée dans la séduisante Leigh, elle consume les hommes qui s’approchent d’elle sauf, heureusement, le beau John. On ne sait où nous emmèneront ces deux amants « maudits », pourchassés par le révérend Troptmann mais l’histoire, avec sa logique propre, se laisse agréablement lire. Il est surtout en parfaite symbiose avec le dessin toujours aussi envoûtant de Philippe Marcelé. Et en bénéficiant des couleurs de Marie-Paule Alluard, celui-ci gagne même en lisibilité, tout en conservant des teintes proches de celles habituellement utilisées par le dessinateur quand il procède lui-même à la mise en couleurs.
Du fantastique bien construit et prenant.
Vincent
12 Décembre 2001
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Rodolphe
P. Marcele
M. Alluard
Editeur : Delcourt Collection : Conquistador Octobre 2001 - 48 Pages
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