La Russie, ses fameuses centrales nucléaires et ses militaires chargés de les surveiller qui tuent leur ennui à coup de vodka. L’un d’eux, Davor Lenko y effectue sa ronde lorsqu’il se retrouve soudain dans une partie de la centrale qui ne lui dit rien. Délire éthylique ? Rêve éveillé ? Davor se rend rapidement compte qu’il est passé dans un autre temps : il est bien dans la centrale, mais à une époque lointaine, dans le futur et il est le prophète d’êtres difformes chassés par une église toute puissante.
Pour le deuxième tome de leur série «Les entremondes», les frères Larcenet frappent aussi fort que la première fois, avec autant de noirceur, de pessimisme, mais avec peut-être moins d’humour – cette constatation n’étant pas un reproche ! -, celui présent étant forcément caustique. Certains pourront trouver que Manu Larcenet exécute ses dessins à la va-vite… et si ce n’est pas tout à fait faux, cela va très bien avec son style graphique, mais également avec l’histoire, son côté fantastique brut et l’aspect no man’s land du décor dans lequel elle est située. Cet album est ainsi l’un de ses plus noirs et il permet de traiter la parabole politique de façon originale.