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Je ne t'ai jamais aimé
Un jeune homme sentimental et pudique
Dans son adolescence, Chester était un jeune homme disert. Il n’aime pas prononcer de gros mots, n’aime pas parler de sentiments. Il vit dans son univers à lui. Sa seule voie d’extériorisation réside dans le dessin. Pourtant Chester ne manque pas de copains ni même de copines. Nombreuses sont les filles à avoir un petit faible pour lui, à aimer le taquiner. Mais Chester demeure confiné dans un état d’esprit entre absence et confusion des sentiments. Et quand il lâche « je t’aime » à la pulpeuse Sky, il ignore lui-même s’il s’adressait à la jeune fille ou à son image fantasmée.
Dans Le Playboy, Chester Brown nous raconte ses désirs pour les playmates du magazine Playboy. Dans Je ne t’ai jamais aimé, il raconte sa relation au monde réel, aux garçons et surtout aux filles de son âge, à sa famille. Et par petites touches, petites séquences impressionnistes il nous recrée, nous partage son adolescence, sa difficulté à formaliser, à vivre et à partager ses sentiments. Sa confusion entre désirs, fantasmes et amour. Et si on a eu le bonheur de lire Le Playboy auparavant - ce que je recommande chaudement - certaines scènes prennent alors une dimension bien particulière et une signification très ambiguë.
Son dessin est dépouillé, ses pages comportent peu de cases, ses bulles sont avares de mots. Mais derrière cette pudeur, grâce à ce style plein de retenue, sans emphase ni mièvrerie il nous transmet un flot d’émotion qui va en s’intensifiant au fil de la lecture à mesure que l’on apprend à connaître tous les personnages. Il use d’un agencement de chaque planche très particulier, n’alignant jamais parfaitement ses images et isolant certaines cases correspondant par exemple à des scènes de transitions ou de longue durée.
Un pouvoir d’évocation, de poésie exceptionnel pour une œuvre qui ne l’est pas moins.
Vincent
21 Novembre 2001
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C. Brown
C. Brown
N&B
Editeur : 400 coups Octobre 2001 - 185 Pages
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 © 2001 C. Brown, N&B - 400 coups
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02 Avril 2002 Génial, rendre Chatauguay poétique : faut le faire, simplement de la grande b.d. mayou
08 Décembre 2001 Toujours aussi bonne critique de Vincent :o) Chester Brown c'est la sensibilité à fleur de peau, c'est la confusion des sentiments propre à l'adolescence. Mais qu'on ne s'y trompe pas, Chester Brown ne tombe jamais pour autant dans la mièvrerie. Bien au contraire, il sait aussi être très dur lorqu'il porte un regard acusateur sur le caractère rigide de son éducation, surtout quand elle provient de sa mère. Un style très personnel aussi avec ces petites cases sur fond noir et ce trait de dessin dont l'émotion n'est jamais tout à fait absente. David Scheinok |
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