|
|
 |
 |
 |
Che
Derrière le mythe, l’homme !
Enerstito attrape une double pneumonie à 2 ans. Il lui en restera de l’asthme, « le supplice de toute sa vie ». Plus grand, l’enfant de bonne famille argentine se révèle fort en maths. Mais c’est la médecine qui le passionne. Avec la littérature en général et Pablo Néruda en particulier. En compagnie de son ami Granados, il traverse l’Amérique latine pour en découvrir ses vestiges archéologiques ainsi que ses pauvres, ses malades, ses lépreux… Bouclant rapidement ses études, il reprend aussitôt la route afin de rejoindre Granados au Vénézuéla mais s’arrête finalement au Guatémala pour prendre part à la révolution. « A quoi bon ici la médecine ? Il faudrait s'attaquer aux racines même de la maladie et de la dégénération. »
Tout le monde connaît le « Che ». Mais que connaît-on de lui ? Une icône, un poster, un mythe ? Il est celui qui porta la révolution, refusa de s’installer au pouvoir à Cuba… Et après ? Che retrace l’itinéraire d’Ernesto Guevara de sa jeunesse jusqu’à sa mort en Bolivie. Sans faire de grands développements idéologiques, en suivant simplement l’homme pas à pas : sa maturation, les grandes étapes de son combat, le jour où le médecin devint le Commandant Che Guevara. Son scepticisme même sur les idéologies : « la révolution commence d’abord dans le cœur de l’homme… »
Le propos de ce livre n’est ni révolutionnaire ni prosélytiste. Pourtant le livre connut un destin exceptionnel : dessiné par Alberto Breccia et son fils Enrique l’année suivant la mort du Che, l’ouvrage connut en Argentine un succès foudroyant, se vendant à près de 60.000 exemplaires. Mais avec l’arrivée au pouvoir de la junte militaire dans les années 1970 le livre fut interdit, les originaux détruits. Le scénariste, Hector Oesterheld fut même exécuté ! Et à l’étranger, les traductions de ce succès d’un grand auteur furent des plus rares : en Espagne en 1985 t en France… aujourd’hui !
Che est à la lisière de l’illustration et de la bande dessinée : peu de bulles, beaucoup de commentaires. Le récit juxtapose la biographie historique et le récit - presque onirique - de son dernier combat. Le dessin est un noir et blanc mêlant tour à tour réalisme classique et expressionnisme, aplats de noirs et camaïeux de grisés. Le père et le fils Breccia ont croisé leurs talents pour donner ce mélange de style qui n’en fait plus qu’un à la lecture. Les premières pages décontenancent, le récit est dense, les dessins surprenants. Et progressivement le propos accroche, les phrases courtes, hachées prennent une ampleur poétique. Le lecteur suit, décolle happé, passionné.
Un grand moment de lecture entre documentaire, littérature et bande dessinée qui devrait autant plaire aux non-bédéphiles qu’aux mordus du neuvième art.
Vincent
19 Décembre 2001
|
H. Oesterheld
A. Breccia, E. Breccia
Editeur : Fréon Collection : Amphigouri Novembre 2001 - 84 Pages
|
|







 © 2001 A. Breccia, E. Breccia, H. Oesterheld, N&B - Fréon
|
|
 |
 |
 |
 |
| |
14 Fevrier 2006 Dessins superbes. Cependant l'histoire est quelque fois difficile à suivre notamment pour bien dissocier les différents personnages. laurent
26 Janvier 2004 Du grand Breccia. Sam
25 Juin 2003 Non on en crache pas sur l'album qu'il s'agit d'un coup de mode. Au contraire, on remercie la mode cubaine (qui dure un peu trop d'ailleur) d'avoir incité un éditeur à sortir une album du grand, de l'immense visionnaire qu'était Breccia. Avec un graphisme inégalé et varié les BD de Breccia sont aux antipodes de la lignes claires (les amteus de Tintin peuvent aller voir ailleur). Chez Breccia, le dessin est sombre, mais vivant, il s'adapte et évolue non seulement d'album en album, mais se transforme au gré des aventures des sombres protagonistes qu'il a dessiné. Merci Fréon. Justin |
|

© 1998-2008 - BD Sélection
|
|
|