Lanfeust des Etoiles T. 1
Un, deux... Troy
Trou noir ?
Sur la Planète Merrion, c’est l’effervescence : il y aurait deux sujets positifs à l’expérience commencée il y a 4000 ans par les Princes-Marchands. Cette expérience est le fondement même de la civilisation de Troy. On a constitué un groupe de colons choisis pour leurs aptitudes psy, et ce groupe a été immergé sur la Planète Troy, a proximité d’un catalyseur puissant : le
Magohamoth. Le temps faisant, deux habitants de la Planète ont développé des qualités psy supérieures : Lanfeust bien sur, et Thanos. La très tonique agent Glace est là pour ramener Lanfeust et Thanos sur Merrion, une aubaine pour les deux hommes : l’un trouveras certainement le remède à l’ennui grandissant qui monte en lui depuis la fin des aventures précédentes, l’autre pourra quitter la prison où il est bien parti pour croupir quelques temps encore...
Cixi et Hébus font également partie du voyage. Après quelques crépages de chignon traditionnels et quelques heures de voyage dans l’espace, le vaisseau est attaqué. Glace et ses hommes sont soudain terrassés par une terrible douleur dans la tête, et tombent bientôt inanimés. Lanfeust et Hébus sont seuls pour sauver le vaisseau et ses occupants…
Lanfeust après Lanfeust. Arleston et Tarquin ne pouvaient pas laisser leur héros s’endormir sur nos étagères, et d’une certaine manière, le lecteur aussi attendait une suite aux aventures de ce héros maintenant légendaire du comic-fantasy. L’ouverture de l’album nous renvoie à un univers familier avec les traditionnelles figures inspirées d’Astérix, mais le fond sur ciel étoilé donne le ton : ouvrons le champ, découvrons de nouveaux univers, voyageons dans l’espace. Pourquoi pas.
Quelques pages plus loin, Lanfeust s’ennuie, mais il n’est pas le seul, le lecteur aussi. La rencontre avec Glace et ses acolytes ne suffit pas à enlever le récit, et Cixi n’a pas non plus assez de ses atours pour captiver le lecteur. Que s’est-il passé ? Nos héros auraient-ils subi un lavage de cerveau ? Seul Hébus semble avoir échappé à l’engourdissement intellectuel qui touche ses compagnons. Les dialogues et la mise en scène du Troll sont restés dans la droite ligne de la première époque : toniques, décapants et ... sanglants !
Heureusement, vers le milieu de l’album l’aventure prend toute sa place et Lanfeust des Etoiles nous ouvre les portes d’un univers fait d’humour, de blagues de comptoir et de baston. Enfin ! On a failli attendre !!! On retrouve avec plaisir les gags et références puisés dans le patrimoine BD ou cinématographique, tel Star Wars dont la trilogie a bouleversé l'imaginaire de toute une génération, celle des auteurs, la mienne. La symbiose avec le lecteur passe par des références communes, Arleston et Tarquin l'ont bien compris.
Il n’est pas d’exercice plus difficile en BD que de faire renaître un héros à forte popularité. Les attentes du lecteur sont telles qu’il trouvera toujours une fausse note dans ce qui se doit d’être parfait, et soupçonnera les auteurs de vouloir faire de la BD commerciale, simplement. Mais lorsqu’on voit la quantité d’albums publiés chaque année, peut-on réellement leur reprocher de vouloir exploiter jusqu’au bout un univers et des personnages qui plaisent ? Certes non, car finalement on trouvera toujours des bonnes pages qui nous apporteront le bonheur de lecture espéré, même si l’ensemble n’est pas parfait. On pardonne beaucoup de choses à ceux qu’on aime...
Isa
12 Décembre 2001
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Arleston
D. Tarquin
Editeur : Soleil Décembre 2001 - 46 Pages
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