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Koblenz T. 3
Dernier hiver à Ishiyama
Le dernier des samouraïs
Le mystérieux docteur Koblenz est l’hôte du seigneur Yamaoka, samouraï de haut rang qui tient sa forteresse d’Ishiyama avec les derniers guerriers féodaux du Japon. Le daimyo est en rébellion contre l’empereur qui, avec l’ère Meiji, a décidé la modernisation du Japon ; un archipel rénové où les adeptes du Bushido n’ont plus leur place. Alors que les troupes de l’empereur s’approchent, la forteresse est harcelée par un invincible guerrier géant. Ce monstre a déjà coûté de nobles vies au seigneur qui demande au docteur Koblenz et à son assistante Clara de l’en débarrasser. Le prix convenu est de dix ans de la vie de Yamaoka San. L’aventure va mener les deux héros entre réalité et univers fantastique afin de découvrir le moyen de vaincre le monstre. Même si le guerrier géant peut être détruit, c’est un combat perdu d’avance que celui de ces samouraïs, hommes d’honneur face au monde moderne.
Cette BD est originale. L’absence d’explication de l’origine des deux personnages principaux surprend. Cette incertitude, cette découverte des héros par des indices successifs au cours des albums est un parti-pris. Un choix qui fonctionne bien et donne une sombre aura de mystère au duo. Si on connaît mieux l’histoire de Clara, qui explique bien sa joyeuse simplicité paysanne étonnamment doublée d’un talent de médium, on sait peu de choses sur Koblenz. On découvre dans cet album qu’il a un cœur mécanique.
Les va et vient entre réalité et univers parallèles semblent une autre clé de cette série. Dans cet album, Koblenz visite l’univers des légendes japonaises dont on découvre la beauté, le richesse et même l’humour. Il découvre que, comme le monde réel, l’univers légendaire subit les assauts de la modernité.
Cette opposition tradition/modernité qui s’esquissait dans les deux premiers albums est ici centrale et montre la maîtrise du scénario. Loin de tout manichéisme, Koblenz reste neutre par rapport à ces deux forces. Si le dernier combat des samouraïs est émouvant, les seigneurs sont aussi montrés pour ce qu’ils sont : une élite guerrière dont l’honneur remplace la pitié et qui disparaissent faute de vouloir s’adapter. De même l’empereur progressiste qui va impitoyablement massacrer les samouraïs n’est pas diabolisé. Il fait un choix nécessaire afin d’éviter que le japon, comme tant d’autres sociétés féodales asiatiques, tombe sous le joug colonisateur des occidentaux.
Graphiquement, c’est également l’originalité qui prime. Le trait anguleux, un peu déroutant au début, donne des planches à la fois lisibles, belles et pleines d’énergie. Le dynamisme graphique est complété par des mises en page audacieuses. Un tel dessin s’accorde bien avec cet univers décalé. L’histoire se situe clairement au tournant du XIXème et XXème siècle mais un certain nombre de détails graphiques et scénaristiques semblent nous indiquer un univers parallèle, une sorte de subtile uchronie où tout serait plus fort et la réalité transfigurée.
Un excellent album dans une série qui pourrait devenir majeure. On regrette un peu la rapidité de la narration de ces histoires en 46 planches.
Gwael
24 Avril 2002
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T. Robin
T. Robin
T. Robin
Editeur : Delcourt Collection : Conquistador Fevrier 2002 - 48 Pages
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 © 2002 T. Robin - Delcourt
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29 Novembre 2002 j'adore les ambiances japonaise et cette histoire est traitées de trés bonne façon .. Pour ma part j'ai bien aimé mm si je trouve qu'une nouvelle fois , la fin est trop rapide stephane
17 Avril 2002 Formidable ! Thierry Robin revient du côté du soleil levant, une destination qu'il connaît bien, proche de l'univers de sa série Rouge de Chine. On y retrouve d'ailleurs beaucoup d'ingrédients (confrontation passé/présent, divinités et légendes...). Nouvelle couleur dominante dans ce troisième opus et toujours ce graphisme incomparable. Et même si le maître de forge ressemble étrangement à celui du premier tome, on ne peut qu'être admiratif devant tant de créativité et d'investissement de personnages secondaires.
Et puis dans le découpage, quelques nouveautés, discrètes, qui donnent à cet album un attrait supplémentaire et une lecture unique.
Bravo Monsieur Robin ! Et encore ! Raleur |
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