Adalbert est encore un gamin et pourtant il est roi. Comme l’un et l’autre, il se laisse régulièrement aller à quelques caprices aux conséquences plutôt dévastatrices. Dans les trois histoires de ce troisième tome, Adalbert fait tout pour : avoir un cadeau surprise (« L’heureux gagnant »), que l’ensemble de son royaume soit adapté à sa petite taille (« L’aspect idéal ») ou qu’il possède un point culminant plus haut que celui du pays voisin (« Toujours plus haut »).
Premier faux pas pour Adalbert : l’humour malicieux qui faisait la force des deux premiers tomes s’est raréfié au profit d’une mécanique si bien huilée que l’on ne voit qu’elle. Les trois histoires de ce tome sont évidemment astucieuses - c’est quand même Lewis Trondheim qui est au scénario ! -, mais elles ne possèdent pas le petit grain de folie des précédentes qui avait pour conséquence que les caprices d’Adalbert prêtaient à rire sans agacer… ce qui n’est pas le cas ici. Vivement le quatrième tome qui, comme pour la série des Monstrueux, remettra peut-être celle-ci sur une voie plus enthousiasmante.
C'est court, pas très inventif - la recette a perdu de son efficacité au troisième album -, loin d'être inoubliable. Reste le dessin de Parme parfait pour le genre, la mise en page et les couleurs de fond inventives. Pour le reste, on est en droit d'attendre mieux de Trondheim, non ? Laurent