C’est l’histoire d’un chat qui appartient à la fille d’un rabbin. Le perroquet de la maison étant trop bruyant, il le mange… et se met à parler. Son désir en tant que chat juif ? Apprendre les textes saints et passer sa bar-mitsva. Le rabbin l’emmène alors voir son maître, un autre rabbin censé être encore plus sage que lui et qui, après un entretien avec le chat, estime que ce dernier ne peut faire comme les Juifs. Mais le chat ayant plus d’un tour dans ses babines, il convaint son maître d’être son professeur et se révèle être un élève dont la réflexion particulièrement aiguisée lui permet d’être un sacré contradicteur.
Joann Sfar continue de tracer sa voie royale, semant, au fil des mois, des albums en veux-tu en voilà. Et même s’il y a parfois de petites baisses de régime, son univers, très riche, est le plus souvent propice à des perles, comme ce premier tome du « Chat du Rabbin ». Ici, Sfar s’amuse et jongle avec sa culture juive en la confrontant à des éléments absurdes, manière de la respecter tout en la titillant. L’aventure, menée avec une intelligence malicieuse, déborde d’humanité et alterne épisodes cocasses et scènes poétiques - dont un très beau cauchemar félin. Sfar passe d’un dessin jeté, proche du croquis, à des cases plus travaillées où le pinceau remplace parfois la plume. S’intégrant à cela, les couleurs, originales et magnifiques, de Brigitte Findakly apportent une chaleur supplémentaire à cet album qui est une grande réussite.
Un récit de Joann Sfar, c'est toujours intelligent mais parfois un peu "vain". Celui-ci est assez réjouissant, réflexion sur la regligion avec un chat parleur en personnage principal. Dommage que ce soit plus de l'illustration que de la BD, que les paroles soient rapportées et non dans des bulles.
En tout cas Sfar apporte la preuve qu'il peut encore prendre parfois le temps de soigner quelque peu ses dessins. Une bonne nouvelle !
Le chat du rabbin du village est agacé par le perroquet de son maître qui passe son temps à parler. Un jour, le chat décide de se débarrasser de celui-ci en le mangeant ; ce petit gouter lui fit découvrir un incroyable pouvoir, celui de parler. Selon le rabbin, le chat est un mauvais croyant, il a une mauvaise influence sur Zlabya, sa fille ; le rabbin décide alors de lui enseigner la Torah et le Talmud. Au fur et à mesure, le chat devient intéressé est décide de faire sa bar-mitsva.
Bien que le chat acquière le pouvoir de la parole, cette BD n’est en rien une BD de science fiction. On peu comparer cette série à une chronique sociale prise avec humour. On découvre en même temps que le chat, les hiérarchies, les rites et les coutumes du judaïsme. Certaines scènes peuvent bien sur être valables pour n’importe quelle religion. Je suis tombé sous le charme de cette BD qui explique la religion en générale avec légèreté. L’originalité vient du fait qu’il y a un narrateur et que ce dernier est le chat lui-même qui vit une réelle aventure dans la vie et dans ses rêves. Bien que les BD avec narration sont parfois ennuyeuse, ici, le langage ‘parler’ rend le tome captivant, le chat décrit les scènes comme il les voie, c’est fantastique. Joann Sfar est un excellent scénariste et ses dessins illustrent à merveilles son histoire. Il a su rendre captivant une histoire sans tuerie, intrigue ou monstre. Il utilise une personne innocente et sans croyance pour montrer les rudiments du judaïsme et les fondements des religions. Sfar fait évoluer son chat au fil des pages, il est initialement sans complexe et ne distingue pas le bien du mal alors qu’à la fin, les enseignements du rabbin ont porté ses fruits.
Une chronique sociale légère et pleine de promesses.