Jane T. 3
Un Grain de sable
Les routiers ne sont pas sympas.
Aux Etats-Unis, quand on chevauche un gros cul, on est facilement pris pour un desesperados. Pourtant Jane et sa bande ne cherchent pas spécialement les ennuis. Ce sont les ennuis qui viennent à eux spontanément. Et encore plus facilement depuis que Kirk est en prison. Cette fois, les amis motards ont maille à partir avec une bande de camionneurs. Pourtant, ils étaient juste venus se reposer sur la côte, profiter du soleil, de la mer… Mais dans une boîte où l’on joue de la country, ils ont maille à partir et finalement se bagarrent avec des routiers pas très sympas. L’un d’eux, en particulier a la rancune tenace. Et ne les lâche plus d’une roue. Heureusement, la bande se trouve un ange gardien en la personne d’un gros bras au cœur tendre qui se joint à eux.
J’ai découvert Philippe Bonifay avec ses premiers scénarios, ceux Des Chariots de Thepsis, un western qu’il écrivait pour Christian Rossi. Avec Kathleen, le troisième tome de cette série sans suite, il faisait montre de ce qui est devenu depuis - me semble-t-il - sa marque de fabrique : une capacité à conjuguer l’aventure avec les sentiments et la finesse psychologique. Car si Jane parle de jeunes et de motos, ce n’est nullement pour tomber dans un folklore stérilement rock and roll. C’est au contraire pour donner vie à une bande de jeunes attachants et presque quelconques au meilleur sens du terme. Du coup, on suit leur parcours avec intérêt. Malheureusement pour ce troisième tome, la multiplication des personnages ne rend pas sa lecture aussi aisée qu’on le souhaiterait. Et puis, on est surpris de voir autant de routiers rester aussi longtemps dans la même bourgade. Mais heureusement, Philippe Bonifay fait une fois encore la preuve de sa capacité à savoir tisser une énigme policière ou dramatique sous des semblants de morceaux de vie banale…
Côté dessins, Denis Falque gagne peu à peu en efficacité. Son travail sur la partie contemporaine du Troisième Testament l’aide à aller à l’essentiel, sans perdre ce style qui reste commun à toutes ses œuvres. Dommage simplement que les couleurs semblent faire l’objet de moins attention qu’auparavant et qu’il n’y ait quasiment plus de décors directement dessinés en couleurs.
Un album moyen pour une série attachante.
Vincent
10 Avril 2002
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P. Bonifay
D. Falque
Editeur : Casterman Fevrier 2002 - 64 Pages
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