Ubu Roi
Il avait un tout petit zizi et un gros cul, le père Ubu.
« Quelque part en Pologne… c’est à dire nulle part ». La Mère Ubu tance son gros mari, le Père Ubu : « à ta place, ce cul je voudrais l’installer sur un trône. Tu pourrais augmenter indéfiniment tes richesses, manger fort souvent de l’andouille et rouler carrosse par les rues. » Le père Ubu fomenta donc un coup d’état. Et le Roi mourut.
D’Ubu Roi, je ne connaissais jusqu’à présent que la chanson de Dick Annegarn : « Il avait un tout petit zizi et un gros cul, le père Ubu. Sa madame était une femme infâme et toute dodue, la mère Ubu ». Et j’ignorais tout de la pièce originelle d’Alfred Jarry. Mais pour apprécier cette BD, nul n’est besoin de connaître le texte originel. D’ailleurs quand on la lit, on ne ressent à aucun instant que c’est une adaptation d’une œuvre dramatique, même si l’auteur a choisi d’en respecter scrupuleusement le texte initial. Fond et forme se mêlent de façon parfaite. Pour cette fable politique sur la bêtise, Daniel Casanave utilise un graphisme fleurant bon la caricature fin 19ème qui sied parfaitement au verbe de Jarry. Et ce tout en préservant le dynamisme de la lecture. On est dans le registre de la farce, une farce en BD.
En fait, la seule chose dans ce livre qui tempère mon enthousiasme, c’est le propos de la pièce elle-même. A partir du quatrième acte, je ne comprends plus où va l’histoire, ce que cherche à montrer l’auteur. Et les rebondissements de la bataille ne sont pas d’une limpidité évidente.
Un fort beau livre tout de même et qui vaut à Daniel Casanave pour sa première BD - il pratiquait jusqu’à maintenant l’illustration pour enfants – de se voir nominé pour l’Alph-Art du meilleur dessin.
Vincent
23 Janvier 2002
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D. Casanave, A. Jarry
D. Casanave
N&B
Editeur : 400 coups Décembre 2001 - 72 Pages
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