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Oscar et Monsieur O.
Le bonheur est sur le palier
A la Belle Epoque, Oscar, modeste dessinateur de presse gagne difficilement sa vie dans une mansarde chichement chauffée. Sa solitude est habitée par l’énigmatique est capricieux M. O. Apparaissant et disparaissant sans crier gare, ce personnage, artiste sans concession dicte à Oscar ses dessins les plus inspirés. M. O incite son alter-ego à développer une étrange narration à base de dessins rassemblés en bandes. Oscar poursuit la chimère d’amours bourgeois et manque de rester aveugle à Lilas, sa charmante voisine. Couturière joyeuse et volontaire, la jeune femme ignore lequel de ses deux anciens amants est le père de l’enfant qu’elle porte.
Traité en couleurs directes, sans trait d’encrage, cet album ravive le charme désuet du début du siècle. Ce charme n’est pas naïf, il comprend aussi la rapacité de l’éditeur nain à l’ego surdimensionné et l’exiguïté des logements ouvriers. Même le titre fait penser à une époque révolue. « Oscar Plume » est peut-être un clin d’œil au genevois Rodolphe Töpffer et à ses albums « M. Vieux Bois » ou « M. Pencil ». Comme Töpffer, Oscar Plume se présente comme un inventeur de la bande dessinée.
Douceur de l’histoire, douceur du trait, Oscar & Monsieur O. est une nouvelle pleine de fraîcheur. On y traite de l’inspiration de l’artiste, de ce double créatif si capricieux qui permet lorsqu’il est présent de s’exprimer pleinement et dont l’absence est si cruelle. Oscar doit également composer avec les choix entiers de Monsieur O - l’art avant tout - qui ne semble pas attacher autant d’importance aux contingences alimentaires (normal, il ne mange pas). Cet album montre également la difficulté de saisir le bonheur à portée de la main lorsque l’on poursuit des amours chimériques.
Cet album m’a ravi par sa justesse et sa sensibilité. Je découvrais le travail de Moynot qui m’a immédiatement convaincu avec cette œuvre très personnelle, sans doute en partie autobiographique. Curieusement tous ceux qui le connaissaient et auxquel j’ai parlé de Oscar et Monsieur O m’ont affirmé que M. Khol était encore mieux. Je demande à voir.
Gwael
13 Mars 2002
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E. Moynot
E. Moynot
E. Moynot
Editeur : Glénat Collection : Carrément BD Janvier 2002
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 © 2002 E. Moynot - Glénat
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