|
|
 |
 |
 |
Petit Polio T. 3
Mémé d'Arménie
Le lent travail du deuil
A Toulon, Mahmoud - surnommé Petit Polio en raison de ses chaussures orthopédiques - est toujours aussi copain avec le petit Rémy. Mais celui-ci va devoir partir chez ses grands-parents à Marseille, son père ne parvenant plus à l’élever seul. Une séparation sans doute pour toujours. Au même moment arrive d’Algérie une triste nouvelle : le grand-père de Mahmoud est décédé. Le petit appartement familial va donc désormais héberger une personne de plus, la Mémé qui, ô stupeur, porte une croix chrétienne autour du cou.
Comparé au reste du catalogue des éditions Soleil, Petit Polio c’est « quelques grammes de douceur dans un monde de brute. » Aux cotés des histoires de super-héros, de chevaliers en armure et de monstres intergalactiques, Farid Boudjellal – le propre frère de Mourad, le patron – est le seul auteur à proposer des albums en prise avec la vie réelle. Après des débuts chez Futuropolis – L’Oud en 1982 – il dessina d’abord chez Soleil le décapant et humoristique Juifs – Arabes avant de composer le tendre Petit Polio.
Petit Polio est une bande dessinée exceptionnelle. Pour une raison toute simple : c’est une des très rares qui parvienne à m’amener la larme à l’œil. Dans la veine d’un Marcel Pagnol ou d’un Yves Robert, Boudjellal sait camper des personnages pleins de vie et de bon sens, bons comme du bon pain, tout en demeurant cérdibles.
Les deux premiers albums nous contaient l’intégration à Toulon de Petit Polio, jeune maghrébin fan du magazine Kiwi et apprenti dessinateur lui-même, pendant la guerre d’Algérie. Et montrait comment l’enfant avait découvert son identité beur – même si le mot n’existait pas alors - essentiellement dans le regard des autres. On sent que l’auteur explore là une vaine autobiographique mais transcendée, détournée. Son histoire, sa tonalité m’avaient fait immédiatement penser à Mayrig, autre récit d’une intégration provençale, celle de l’Arménien Henri Verneuil à Marseille.
Comparaison d’autant plus amusante que ce nouveau tome des aventures du Petit Polio nous présente un personnage justement venu d’Arménie. En effet – et c’était aussi le cas de Boudjellal – Mahmoud se découvre des origines arméniennes et donc chrétiennes. Troublant pour un enfant à l’âge de la circoncision. Dans Mémé d’Arménie, Mahmoud n’est plus autant le personnage principal que précédemment. Au centre du récit se trouvent le deuil et la difficulté d’oublier pour certains, le désir de se souvenir pour d’autres. Et une galerie d’adultes, veufs, veuves ou enfants du génocide.
Un art magistral et rare de parler avec respect et légèreté de choses graves.
Vincent
05 Juin 2002
|
F. Boudjellal
F. Boudjellal
F. Boudjellal
Editeur : Soleil Avril 2002 - 62 Pages
|
|







 © 2002 F. Boudjellal - Soleil
|
|
 |
 |
 |
 |
| |
20 Décembre 2003 Emotion, grands sentiments,de quoi vous réconcilier avec le genre humain. c'est un livre qui ,comme les 2 autres, est tout simplement lumineux; on a vraiment envie de rencontrer ces personnages, et de discuter avec l' auteur. dom
06 Juin 2002 Luminosité du dessin, sensibilité de la narration, tout me touche immédiatement. Ce dernier opus, comme ses prédécessseurs, est une grande réussite. Le personnage de la grand mère rajoute une surprise innatendue, rappellant que le monde méditerrénanéen est un lieu de mélange et de partage. On peut être un petit algérien et avoir une grand mère arménienne.
Un brin de nostalgie aussi pour ceux qui ont vécu à Toulon leur enfance.
A lire. Gwael |
|

© 1998-2012 - BD Sélection
|
|
|