Zoulouland T. 16
Cetewayo
Vae victis
Les Zoulous ont perdu. Le temps a eu raison du nombre et l'Impi Zoulou a fondu comme neige au soleil. Les soldats britanniques se comportent avec l'indignité qui accompagne les vainqueurs, tuant à bout portant les guerriers qui tentent de s'enfuir. La victoire est amère pour Dundee et ses compagnons.
Maintenant que l'issue semble certaine, toute la rancoeur accumulée par certains hauts gradés envers le Colonel Dundee va pouvoir s'exprimer au grand jour. Il ne peut même pas compter sur le soutient du Chef d'Etat Major qui projette de rendre son commandement. Son remplaçant sera certainement moins ... compréhensif. Mais les grincheux n'auront pas de quoi se réjouir : le nouveau commandant est un vieil ami de Dundee. Celui-ci lui renouvelle sa confiance et le charge de retrouver le Roi Cetewayo en fuite.
Sur leur route, un groupe de vautours tournant dans le ciel les amène à un charnier. Les hommes étendus là sont des soldats. Aucune blessure rituelle, ce ne sont pas des Zoulous qui ont fait cela mais un commando de maraudeurs Boers.
"La victoire en chantant, nous ouvre la barrière..." cette chanson est loin de la vérité. Souvent la victoire est amère lorsqu'on ouvre son regard à l'horreur des champs de bataille ravagés, au comportement du vainqueur envers le vaincu, à la peine et la douleur qui hante chacun des camps belligérants. Guerre victoire et paix sont les trois facettes d'un algorythme sans fin qui règle les cycles humains. La guerre avec sa rigidité, l'ordre, l'oppression, la loi martiale. La victoire avec ses désordres et débordements de tous genres. La paix et cette acalmie soudaine accompagnée de la fièvre de la reconstruction. Trois temps pour une chanson éternelle.
Après l'horreur des combats, Zoulouland nous entraîne doucement vers la fin de cette épopée où les noirs Sud Africains ont perdu leur liberté. L'évolution du récit fait baisser la série d'intensité, Ramaïolli semble vouloir faire s'étirer l'histoire en rajoutant de-ci de-là des anecdotes et une ambiance de franche camaraderie propre au contexte. Ceci parait presque incongru mais paradoxalement, cela détend aussi le lecteur.
Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, je n'attends pas la suite avec impatience : j'ai le sentiment que le mot Fin s'est écrit aux dernières pages de ce tome avec la rédition de Cetewayo. L'épisode final nous proposera certainement un rebondissement autour du frêre du Roi, Dabulamanzi, que Dundee prend pour le réel adversaire. A suivre, mais si c'est cette piste qui doit être choisie, il faudra bien nous l'amener M. Ramaïolli !
Isa
08 Mai 2002
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Rocca S.
Rocca S.
Editeur : Soleil Avril 2002 - 48 Pages
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