|
|
 |
 |
 |
Les Coulisses du pouvoir T. 4
Vérités
Y a-t-il seulement UNE Vérité ?
Toute la vérité sera-t-elle faite un jour sur le suicide de l’ancien premier ministre britannique ? Rien n’est vraiment sûr vues les difficultés rencontrées par Scotland Yard pour démêler l’écheveau… Clive Baker qui travaillait pour le défunt commence à se poser des questions : John Watson, son patron actuel et accessoirement père de sa fiancée ne serait-il pas mêlé à toute cette affaire ? Après moult hésitations il se décide enfin à collaborer avec la police et leur livre des documents compromettants pour l’homme politique… mais sur une autre affaire que celle du présumé suicide. Autre avancée, peut être plus prometteuse cette fois : la police retrouve la trace de Murphy, l’auteur de plusieurs crimes sur un groupe de personnes liées entre elles et dont l’une devait justement rencontrer le Premier ministre avant qu’il ne disparaisse. L’homme est réfugié dans un phare en compagnie de sa presque fille adoptive, Lucy. Mais quand la police intervient, c’est le drame : Murphy tire accidentellement sur la jeune fille avant de se suicider.
Oui, il existe de bons polars en BD. Ces Coulisses du pouvoir en sont l’éclatante preuve. Pour faire un bon polar, nul besoin de multiplier les bastons et les scènes spectaculaires. Le plus important, c’est de soigner les personnages, de leur donner de l’épaisseur, des motivations, un entourage et un parcours au fil du récit. Et c’est ce que fait Philippe Richelle qui s’intéresse dans le détail à chacun de ses personnages, qu’il soit policier, homme politique ou malfrat. On ne voit par exemple que rarement les agents de Scotland Yard en train de mener des interrogatoires, on les voit plus souvent se relatant les faits et dissertant par la même occasion de l’air du temps ou de leurs problèmes personnels.
Pour un bon polar, il faut également un sujet prenant qui puisse présenter de multiples facettes : quoi de plus passionnant que la collusion entre pouvoir et argent ? Le scénariste n’a pas oublié qu’il usa naguère ses fonds de culotte en Faculté de sciences politiques et a habilement mêlé différents faits d’actualité pour composer son scénario : la situation de base fait inévitablement penser au destin de Pierre Bérégovoy en France et peut-être nos amis belges y verront-ils aussi une référence à l’assassinat de leur ministre André Cools… Le député candidat malheureux à l’investiture de son parti a des petits riens de Michel Rocard, et on entrevoit même un personnage à la Mazarine et une cassette vidéo posthume à la Jean-Claude Méry.
Enfin, il faut que le lecteur ne devine jamais ce qui va se passer et que l’auteur sache ménager quelques rebondissements inattendus. Je ne vous en dirai pas plus mais vous verrez que la fin n’est pas celle à laquelle on s’attend. Elle permet même d’éviter le manichéisme qu’on croit et qu’on craint un temps irrémédiablement associé au propos du livre : les politiciens ont tous les mains sales. Et en fait, pas du tout. Et même ceux qu’on pense être des « bons » ne voient pas leurs scrupules nécessairement récompensés à leur juste mérite…
Pour prendre de la distance avec son sujet, P. Richelle situe son histoire en Angleterre, pays qu’il avait déjà exploré au cours de sa Saga Anglaise. Le royaume de cette chère Reine Elisabeth II est parfaitement recréée par les dessins limpides de Jean-Yves Delitte et les couleurs très « british » de Benoît Bekaert.
Une BD parfaitement menée jusqu’à son terme sans avoir joué les prolongations commerciales. Un exemple à suivre !
Vincent
23 Juillet 2003
|
P. Richelle
J. Delitte
Editeur : Casterman Avril 2002 - 56 Pages
|
|







 © 2002 J. Delitte, P. Richelle - Casterman
|
|
 |
 |
 |
 |
| |
05 Janvier 2006
Raleur
07 Avril 2003 Décidément, Ph. Richelle est un excellent scénariste ... Déjà auteur de superbes "histoires", dont "ma" meilleure BD 2001 "Amours Fragiles", il persiste et signe avec "Les coulisses du pouvoir", une des rares BD à décrire les milieux politiques, la lutte pour le pouvoir et les liaisons dangereuses de certains gouvernants. Ce thriller sur l'assassinat d'un ancien premier ministre nous entraîne aux côtés des deux enquêteurs du Yard à travers une Angleterre dont l'ambiance pluvieuse est superbement rendue par le dessin réaliste de Delitte (fidèle complice du scénariste, et apparemment amoureux de voitures). Sa lecture nous rend plus indulgent avec la politique (page 51). Cerise sur le gâteau : un dossier de police joint ainsi que la collaboration d'un coloriste illuminant ce bijou. Dommage que ce soit fini (?) ... vivement une suite quand même, c'était un pur régal ! ... il suffisait de demander ... le tome 5 vient de sortie et démarre une nouvelle intrigue avec le duo du Yard qui enquête de Bruxelles à Londres dans les Coulisses du pouvoir européen, où les pots de vin sont aussi bien distribués que les honneurs ... Bref, que du bonheur !
gege.c
26 Avril 2002 Sir Stuart Parkinson, ancien premier ministre anglais, prend ses distances vis-à-vis de son parti. Il accorde à la presse un entretien fracassant où il pourfend la politique du gouvernement conservateur et dénonce les agissements de certain de ses membres. Quinze jours après, on le retrouve mort dans le parc de sa résidence secondaire. A première vue, il s’agit d’un suicide… On enquête quand même sur cette disparition qui tombe à point pour certains. Pendant ce temps là, un jeune attaché parlementaire se voit confier la campagne électorale d’un député mal placé dans les sondages. D’autres décès relancent l’affaire et finissent par impliquer, dans une affaire de délit d’initié, l’homme qui tâche de conserver son siège.
La politique est un métier difficile où l’on peut se laisser aller à des dérives parfois lourdes de conséquences. Mais, comme le proclame un des protagonistes de ce captivant polar qui se clôture ici avec brio: «Ces gens sont à l’image de la société. L’homme de la rue se montre volontiers lâche, tricheur, roublard. Au nom de quoi les politiques seraient-ils des prix de vertu ?»
Lutte pour le pouvoir, enjeux, compromissions, liaisons dangereuses avec le journalisme, manigances…, tout est là pour accrocher le lecteur et le graphisme élégant de Jean-Yves Delitte colle parfaitement à la mécanique bien huilée de l’excellent scénariste belge Philippe Richelle. Gilles |
|

© 1998-2008 - BD Sélection
|
|
|