Cédric T. 16
Où sont les freins ?
Vu à la télé !
Cédric ne sait pas quoi inventer pour que Chen, « sa vietnamienne » comme dit son pépé, s’intéresse à lui. Et même, il reçoit l’aide empressée de ses copains quand lui-même se retrouve à court d’idée. Ainsi, quand il emprunte une trottinette à Nicolas s’imagine-t-il proposant à Chen de lui apprendre à s’en servir. Mais patatra ! Nicolas lui apprend que Chen sait justement très bien en faire. Pour sortir Cédric d’embarras, il propose alors d’aller dire à la petite chinoise que Cédric voudrait qu’elle lui apprenne à en faire…
Parmi les BD à succès, certaines sont affligeantes mais heureusement d’autres sont de bien meilleure tenue. Il en est ainsi du célébrissime Titeuf, de Kid Paddle et de quelques autres… et en particulier Cédric. Après 16 albums pour le jeune Cédric et près de 35 ans de carrière pour son père spirituel, le scénariste Cauvin, on pourrait s’attendre au pire, à savoir une exploitation répétitive et désuète du monde de l’enfance. Il n’en est pourtant rien. S’attribuant sans doute dans l’histoire le rôle du « pépé », Raoul Cauvin sait prêter vie à des personnages sympathiques et proches des lecteurs et ce quel que soit leur âge : la « bande à Cédric » pour les lecteurs en culotte courte, les parents pour les adultes et le pépé sans doute pour les Cartes Vermeil. Une vraie BD pour les jeunes de 7 à 77 ans.
A le lire, je retrouve le même plaisir que naguère lorsque je découvrais dans Spirou les aventures injustement méconnues et malheureusement arrêtées du Pauvre Lampil dans laquelle Raoul Cauvin se mettait en scène avec le dessinateur des Tuniques bleues Willy Lambil. A la différence d’un Toupet, d’un Ducobu ou d’un Petit Spirou, on évolue dans un monde qui vit, qui respire une certaine authenticité… Par rapport à Titeuf, on est dans un monde sans doute moins sexué, moins branché donc plus angélique et classique… Mais qui demeure toutefois crédible et cohérent. Et la patte de Cauvin offre aux histoires un rythme et des dialogues sans anicroche. Ne voulant pas être esclave d’un format, il alterne les histoires de plusieurs pages et les simples gags. Le dessin de Laudec n’est pas exceptionnel mais possède une marque de fabrique bien personnelle et qui ne manque pas de charme avec son trait fin et propre, son léger flouté des formes, en particulier des cheveux.
En plus, de ce que j’ai pu voir, l’adaptation en dessin animé des aventures de Cédric est de vraiment bonne qualité, tant du point de vue des scénarios que de l’animation. Pas étonnant alors que la BD et la série TV fassent boule de neige et entraînent les ventes de la série vers les sommets !
Vincent
24 Avril 2002
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R. Cauvin
Laudec
V. Léonardo
Editeur : Dupuis Avril 2002 - 48 Pages
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