Outlaw T. 2
Barres à mine et coyotes roses
Delirium cow-boy
Pas facile de s’improviser « Outlaw » ! Jason, le jeune croque-mort a dorénavant sa tête mise à prix après ses exploits de Dodge City, à la tête de son improbable bande de renégats constituée d’une chanteuse de bar, d’un vieillard alcoolique, d’un ancien esclave révolté et d’une force de la nature. Ils décident de se rendre à la cité minière de Nickel-Town pour l’écumer à son tour. Mais Jason a la surprise de découvrir que son nom y est déjà connu de tous ses habitants : son père serait en effet le créateur et le bienfaiteur historique de la ville, mystérieusement disparu, sans doute à l'initiative des notables locaux.
Après avoir été décrit comme un hors-la-loi d’anthologie, le père de Jason apparaît cette fois comme un homme de bien. Où se situe la vérité ? Car ce western délirant est en fait une quête du père, donc d’une identité pour ce pauvre Jason qui cherche tant bien que mal à exister aux yeux du monde. Car le scénario de Dieter comporte différents niveaux de lecture : cette quête spirituelle est seulement un arrière plan, comme le fil rouge de la série. Au premier abord, on est dans de l’aventure parodique avec un héros en permanence dépassé par les événements… mais sans que personne ne s’en aperçoive ! Dommage que les délires du scénariste n’aillent pas encore plus loin… Le rire est proche mais jamais irrésistible.
Le séjour de Jason à Nickel-Town possède un dernier charme supplémentaire : il fait penser à une aventure de Jérémiah – environnement impitoyable, peuple misérable, bourgeoisie affairiste et vile… - le sérieux en moins. Impression renforcée par le dessin de Xavier Fourquemin qui confirme son talent de page en page, avec un style qui se situe justement à mi-chemin entre De Crécy et Hermann : avec des personnages aux tronches pas possibles, il réussit de splendides et efficaces peintures dignes du créateur de Jérémiah. Son sens des cadrages s’affûte et, couplé au rythme savamment impulsé à l’histoire par Dieter, cela donne une BD bien agréable à lire de tous les points de vue.
A n’en pas douter, l’art de Fourquemin ne tardera pas à être connu et reconnu de tous !
Vincent
26 Juin 2002
|
Dieter
X. Fourquemin
X. Fourquemin
Editeur : Glénat Collection : Grafica Mai 2002 - 48 Pages
|