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Dusk T. 2
Trois larmes pour Lucie
Coupables inclinations ?
Joe, Salomon et Anna, les trois équipiers du « bureau » sont cette fois sur une affaire apparemment bien banale : un avocat célèbre, Francis Underwood, a été retrouvé mort, assassiné à son domicile. Pourtant l’enquête se révèle rapidement plus ardue qu’il n’y paraissait : la mère et la fille ne semblent pas vouloir révéler toute la vérité et Salomon découvre que l’homme de bonne réputation surfait en fait sur des sites pédophiles au moment de sa mort !
Richard Marazano n’aime pas les histoires trop simples, quand les bons sont gentils et les mauvais méchants. Avec Trois larmes pour Lucie, il s’en donne réellement à cœur joie en jouant avec les ambiguïtés des personnages et les rebondissements propres à faire changer ses lecteurs d’avis à chaque page. La culpabilité commence-t-elle aux simples désirs ? L’appréciation portée sur une situation n’est-elle pas essentiellement le miroir des propres pensées ou désirs de celui qui la regarde ou l’analyse ? En tout cas dans cette enquête, la piste privilégiée par chacun des enquêteurs semble bien lui être avant tout le reflet de préoccupations, d’affinités personnelles…
Autre marotte du scénariste : l’utilisation d’inserts. Par rapport à Zéro Absolu, l’usage qui en est fait ici – Lolita de Nabokov - est plus discret et davantage inséré dans la continuité du récit. Et contribue à donner de la profondeur au récit sans l’alourdir. Les personnages principaux continuent de prendre de l’épaisseur, de nous devenir sans cesse plus familiers. Dommage que le vieux Joe semble devoir prendre une tournure aussi noire…
Cette peinture de mœurs se marie parfaitement à l’exceptionnel coup de pinceau de Christian De Metter, une des plus remarquables de la BD actuelle. Quand il est en verve, ses dessins sont à nul autre pareil. Malheureusement, son degré d’inspiration semble fluctuer au grès des pages et des personnages : Anna est par exemple bien plus souvent réussie que le pauvre Joe, gâté ni par son scénariste ni par son dessinateur. Ceci dit, une planche moyenne de De Metter demeure bien plus intéressante que celle d’une multitude d’autres dessinateurs. Mais des meilleurs, on attend à chaque fois un sans faute.
Une série intelligente, élégante et attachante qui devrait progressivement se constituer un public fidèle.
Vincent
03 Juillet 2002
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R. Marazano
C. De Metter
C. De Metter
Editeur : Humanoïdes Associés Mai 2002 - 56 Pages
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 © 2002 C. De Metter, R. Marazano - Humanoïdes Associés
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09 Avril 2004 Quelle merveilleuse série que Dusk ! Des scénarios noirs et des personnage ayant un réeel passé, un vécu, un moi, des envies, des qualités et des défauts ... et puis, pure merveille (je me répète) le dessin de C. de Metter (lisez aussi Emma ou le Curé) qui est carrément sublime ... je collectionne ses ex-libris et en tapisserait mon appartement ! Diane
23 Mai 2002 Un soupcon moins bon que le premier au niveau du scenario, qui est un peu moins opressant (du fait sans doutequ'il ne se passe pas dans une bourgade perdue sous la neige) mais quand même excellent ! Les personnages prennent du relief, on en connait un peu plus sur leurs travers et leur passé. La trame de l'histoire reste dans la meme veine que le premier: un rythme lent, des longs dialogues, souvent des cases sans bulle: tout ca participe grandement à l'ambiance prenante de l'histoire. Quant au dessin, il est toujours aussi maginfique et colle parfaitement à l'ambiance de l'histoire.
Quand on commence cette BD, on ne la lache plus ! phileas |
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