Agharta T. 2
Agartha
Le mystère de l’ange destructeur
Dans un monde en ruine où la plus grande richesse est devenue l’eau potable, se débat une humanité misérable. En marge de ce cloaque, se dresse une île luxuriante surmontée d’un étrange complexe, Higher Grounds.
Dans le premier tome Juju, un jeune voyou, tente par bravade d’aller explorer cette terre promise. Il y rencontre Rael, une jeune femme simple d’esprit qui porte des chaînes afin de l’entraver lors de ses terribles crises de violence. Elle montre une force surhumaine et une totale insensibilité à la douleur. Rael fuit Higher Grounds, embarquant Juju dans sa cavale.
Dans ce deuxième tome, le lien entre Juju et Rael se fait plus fort, la menace qui les entoure aussi. Les propriétaires d’Higher Grounds sont prêts à tout pour récupérer Rael, utilisant simultanément l’aide de la Police et les services d’une bande de truands. De mystérieux personnages aux capacités proches de celles de Rael tournent autour de la jeune femme. Pour couronner le tout, Rael a besoin d’énormément d’eau, ce qui n’arrange pas les affaires des fugitifs qui s’allient avec d’improbables marginaux : Le Capitaine, un chasseur de primes sans scrupule et Yun de la vallée de Carin. Pendant ce temps, Rael apprend peu à peu à parler et commence à communiquer avec Juju.
Les premières scènes de cette série ne m’avaient guère attiré tant il semblait que Takaharu Matsumoto se complaisait dans le sexe et la violence. Proposé dans une collection « adulte », l’auteur semblait avoir des quotas à remplir dans ces domaines.
Cette mauvaise impression s’est assez vite estompée. L’univers évoqué dans Aghartha est intriguant. Situé dans un futur proche hybride, Agartha se place entre Mad Max par son aridité et Akira par son urbanisme. Le mystère du personnage de Rael tient l’histoire ; le lecteur traque les indices permettant d’éclairer l’identité de cette étonnante jeune femme. Les intrigues secondaires sont nombreuses et entretiennent le suspense. Le deuxième tome est un peu moins violent (un peu moins seulement) et moins centré sur la présentation du monde. Il s’attache à la relation entre Juju et Rael et à l’évolution de la jeune femme. On apprécie. Enfin, la fin de l’album semble installer l’histoire dans un road movie échevelé.
Le dessin réaliste de Matsumoto fait merveille dans Agartha. Dynamique et violent dans les scènes d’action, il sait donner un air angélique et serein à Rael.
Agartha fourmille de bonnes idées, la narration est dynamique et prenante, les personnages attachants. On peut toutefois regretter certaines scènes un peu faciles. Agartha est une série prometteuse mais qui doit encore faire ses preuves. On oubliera les agacements passagers si l’intrigue se révèle aussi passionnante et bien menée qu’elle s’annonce. En tout cas le but est atteint : je ne manquerai pas de lire la suite.
Gwael
26 Juin 2002
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T. Matsumoto
T. Matsumoto
N&B
Editeur : Kana Mai 2002 - 232 Pages
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