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Le Journal de mon père T. 3
L' Apaisement
Le père incompris
Cela faisait des années que Yoichi n'était pas rentré à Tottori, sa ville natale. Trouvant mille prétextes, il éludait son passé et se consacrait corps et âme à sa carrière professionnelle à Tokyo. Mais la mort de son père lui ôte toute possibilité de fuite et il doit, contraint et forcé, retourner au pays de son enfance pour assister à l'incinération du défunt. En retrouvant sa ville natale rejaillit une multitude de souvenirs, doux comme cet après-midi de printemps passé à jouer sur le plancher du salon de coiffure de son père ou tragiques comme l'incendie qui ravagea Tottori en 1952 et le divorce de ses parents qui fit basculer sa vie quatre ans plus tard.
Cette chronique se présentait mal : les mangas habituellement, c'est pas mon truc ! Et si Le Journal de mon père avait l'air moins grouillant ou moins simpliste que nombre de productions venues du soleil levant, il me paraissait a priori un peu fade comme le grisé de ses couleurs. Mais voilà, il venait d'obtenir le Prix Oecuménique, la conscience professionnelle me dictait de le chroniquer, et donc de le lire ! Ainsi j'entamais la lecture avec un enthousiasme pour le moins tempéré quand... le coup de foudre me frappa ! Et les trois tomes de ce journal furent-ils dégustés en une seule et même journée...
Le Journal de mon père est une oeuvre d'une rare justesse. D'abord le dessin. S'il existe bien une technique que je trouve en général lourdaude, c'est bien l'utilisation de trames - petits points noirs - pour colorier un dessin. Taniguchi en fait de la dentelle, c'est frais, léger, délicat. Les arbres en fleur resplendissent comme dans un film de Kurosawa. Un vrai miracle. Et si en début de lecture, la façon de dessiner les têtes des personnages me sembla trop japonisante - visages ronds et peu expressifs - j'en vins, en fin de lecture, à trouver ces traits dignes de Boucq ou de Moebius.
Mais ce graphisme serait vain s'il ne servait une histoire touchante, prenante. Le sujet est universel : les retrouvailles de l'enfant prodigue avec son passé, ses racines, la re-découverte de son père au cours de la veillée mortuaire qui lui est consacrée. Ce pourrait être un livre passéiste, suranné, exhibitionniste, à l'eau de rose. C'est tout le contraire. Yoichi se réapproprie, réinterprète son enfance. Mais pas de paradis perdu, pas de régression. Pas de fuite spectaculaire de la ville pour un retour à la terre salutaire ! Simplement la prise de conscience de l'amour porté par les proches en général et en particulier par une soeur protectrice sans être complice. Et surtout prise de conscience de l'amour porté par ce père silencieux et si obstiné. Même mu par l'amour, les autres ne font pas toujours ce qu'on attend d'eux. Ainsi s'installent les malentendus.
Une ode à la famille touchante mais moderne, inspirée par la vie de l'auteur mais avec des transpositions. Se méfier de l'irruption involontaire de petites larmes qui viennent vous nouer la gorge. Un moment rare en BD !
Vincent
13 Fevrier 2001
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J. Taniguchi
J. Taniguchi
N&B
Editeur : Casterman Juin 2000
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 © 2000 J. Taniguchi, N&B - Casterman
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13 Avril 2008
laurent
20 Juin 2005 La perception que l’on a du comportement de ses parents se modifie avec l’âge et c’est ainsi que petit à petit l’on commence à mieux comprendre leurs actions et leurs décisions. Mais que se passerait-il si au moment d’arriver à la maturité nécessaire pour comprendre des actions parentales que l’on désapprouvait au départ, on coupait tous les ponts, figeant ainsi ce processus de compréhension en plein berceau de l’adolescence. C’est ce qui arrive à Yoichi, qui en désaccord total avec les actions de son père, quitte le domicile parental avant de vouloir/pouvoir comprendre son père. Ce n’est que 30 ans plus tard, lors de l’enterrement de son père, que ces yeux et son coeur s’ouvriront sur la véritable nature de son père. L’addition sera lourde pour Yoichi et ses 30 années d’aveuglement/isolement. Si le scénario est moins original que celui de Quartier Lointain, ce chef-d’oeuvre n’en est pas moins émouvant. Une ode à la famille, une prise de conscience et la douleur d’un homme qui ne rencontre son père qu’après la mort de ce dernier. Emouvant, attention aux larmes.
yvan
31 Mars 2005
PascalB
12 Novembre 2004 Si après avoir lu ce récit, les plus récalcitrants à l’univers de la BD pensent encore qu’il s’agit d’un art mineur, c’est que ce monde leur restera toujours fermé ! Jiro Taniguchi est un dessinateur hors pair ; ses dessins sont sobres, clairs et précis. Mais à cette qualité s’allie aussi un art du scénario extraordinaire. Jiro Taniguchi est originaire de Tottori , ville qu’il a choisi pour être le décor de cette histoire remplie de nostalgie mais aussi profondément humaine. En 1952, la ville a été détruite en grande partie par un incendie qui a aussi été le déclencheur d’une catastrophe familiale pour le petit Yoichi. Alors que son père était un coiffeur renommé , celui-ci doit repartir à zéro après l’incendie qui n’a laissé de son salon et de sa maison qu’un tas de cendres . Il « ouvre », dans un premier temps, un salon à l’air libre avant d’accepter le prêt de sa belle-famille pour racheter une boutique. Le père travaille tous les jours du matin au soir pour rembourser au plus vite. Alors qu’il fait cela pour sa famille, sa femme pense qu’il la néglige et trouve attention ailleurs ! Elle abandonne mari et enfants, et le jeune garçon se met à mépriser son père qu’il juge responsable. Ce récit est donc surtout celui d’une relation ratée entre un père et un fils parce que ce dernier , avec l’impétuosité de la jeunesse, n’a pas su voir quel homme était on père ! L’émotion de la fin du récit risque de vous laisser échapper une petite larme, tant c’est beau , …dur mais beau!
davidson
08 Octobre 2004 La série la plus émouvante que j'ai jamais lu. j'en ai eu la larme à l'oeil quand je l'ai lu, ce qui ne mettait jamais arrivé en bd!! Jamais je n'ai vu un récit aussi simple, apaisé et en même temps aussi riche en émotion. Taniguchi ne parle que de choses très simples en apparence mais qui arrive à nous toucher profondément. Un authentique chef-d'oeuvre. the_eye_666
11 Mars 2003 EXCEPTIONNEL. Très abordable en plus pour les gens qui n'ont pas l'habitude des mangas, la série peut constituer une bonne entrée en la matière.
annette
19 Fevrier 2002 toujours aussi bon pr le final des souvenirs d'un jeune garçon qui se rememore les moments de sa jeunesse ...
Un album emouvant qui conclut merveilleusement cette serie stephane |
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