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Le 11e jour
Un jour dans une vie
Septembre 2001. Sandrine Revel est à New York avec deux amis pour y passer quelques jours. Le 9, le trio se rend sur le sommet de l’une des tours du World Trade Center. Le 11, les deux filles de la troupe attendent devant le Muséum d’Histoire Naturelle quand un gardien vient les prévenir que le musée n’ouvrira pas ses portes car un avion s’est écrasé sur Wall Street. Sandrine qui, plus tôt, s’est réveillée en pleurs suite à un rêve dans lequel apparaissait son frère disparu, replonge dans son cauchemar, mais celui-ci est désormais collectif. Si elle ne comprend pas ce qui se passe, elle ne tient pas forcément à regarder l’événement en face, mais plutôt par le biais de petites choses, de réactions des gens ou de souvenirs des jours précédents, laissant parfois galoper son imagination. Mais où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse, la vision de son frère lui sert de guide.
Nous connaissions le versant dessinatrice de bandes dessinées pour enfants de Sandrine Revel, notamment avec sa série Un drôle d’ange gardien. Avec cet album, elle fait le grand saut dans la BD dite pour adultes, autobiographique et le tout en solo. Elle a laissé de côté certains filtres - le trait arrondi, les couleurs vives de l’aquarelle… - pour en essayer de nouveaux : ceux du souvenir et du rêve ou ceux des calques colorés travaillés par ordinateur qui agissent tels des filtres photographiques. Du trait aux couleurs, en passant par le découpage, elle a privilégié la vivacité qui colle parfaitement à l’événement et au récit qu’elle en fait. Car si Le 11e jour parle si bien de la perte, de la fuite et de l’aveuglement volontaire, c’est qu’il a été effectué dans l’urgence : il y a à peine six mois entre le début du projet et la fin de sa réalisation. Et si l’urgence est présente dans la forme, elle l’est également dans le fond : il fallait que ces souvenirs soient couchés sur le papier pour leur donner une autre forme et les évacuer un tant soit peu. Mais la grande force de l’entreprise de Sandrine Revel est de toujours privilégier son propre regard, sans jamais se faire de cadeaux - à ce titre, la fin est assez exemplaire.
Le 11e jour est un album qui montre que l’on peut raconter un événement et un jour historiques en ne parlant que de soi et de sa vision, la subjectivité s’avérant être l’une des clés d’un regard authentique et assumé. Alors, aux antipodes de la commémoration, cet album est une pierre à verser au dossier de la création autobiographique comme exutoire, catharsis pour l’auteur, mais également pour le lecteur.
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Boris
21 Aout 2002
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S. Revel
S. Revel
S. Revel
Editeur : Delcourt Collection : Hors collection Aout 2002 - 48 Pages
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 © 2002 S. Revel - Delcourt
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28 Mars 2003 Le principe et le projet sont intéressants et attachants, mais je ne trouve pas la BD aboutie. Les flash-back alourdissent la fin du récit. Stéphanie
01 Mars 2003 Bien =) Angélique
01 Mars 2003 nul et nul et encor nul Michelle
20 Aout 2002 Sandrine Revel est une dessinatrice française plutôt connue pour ses BD pour enfants (Drôle d’ange gardien, publié par Delcourt). Or, il se trouve qu’elle était en vacances à New York, le 11 septembre 2001. Logeant avec des amis dans un hôtel proche de la gare centrale, elle s’apprêtait à mettre fin à un paisible séjour quand les Twin Towers se sont effondrées.
Etienne Davodeau, l’auteur de Rural (une BD reportage, également au catalogue Delcourt), lui a suggéré de rassembler ses souvenirs et ses émotions pour les mettre sur le papier sous forme de BD : une façon d’exorciser les images de cette journée traumatisante mais aussi des événements plus personnels, comme la disparition récente de son frère.
Elle rompt alors avec ses habitudes de travail pour donner un côté jeté et instinctif à son dessin. Ce dernier réalisé au crayon puis retravaillé par ordinateur est enjolivé par une palette de couleurs dominée par des teintes ocres et marrons. Elle nous permet ainsi d’approcher l’ambiance surprenante d’un Manhattan envahi par la fumée. Si l’on n'apprend rien de nouveau sur la tragédie, c’est au niveau des sentiments, des réactions et des silences que Sandrine Revel réussi sa démarche, qui, déjà au départ, était originale.
Cet étonnant album carré inaugure de fort belle façon une rentrée bédéesque qui s’annonce fort riche en parutions ! Gilles |
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