5 est le numéro parfait
C'est effectivement un très bon numéro
Peppino lo Cicero est l’un de ces mafiosi de la vieille école : désormais dépassé par la jeune garde, il est juste bon à couler une retraite paisible en allant à la pêche et en confectionnant des chemises pour son fils. Mais lorsque ce dernier se fait tuer et que Peppino échappe à deux tueurs, il décide d’entrer en guerre et de se rebeller contre son clan. Alors, rien ne va plus et les jeux ne sont pas aussi faits que l’on pourrait le croire.
Avant même de lire cet album, les cinq - grands - auteurs de bande dessinée (Seth, Adrian Tomine, David B., Baru et Loustal) qui en parlent en quatrième de couverture suggèrent que celui-ci va être une bonne cuvée. C’est donc fortement motivé que l’on entame la lecture et, au fil des pages, l’enthousiasme ne faiblit pas. Le choix du noir et du bleu en guise de couleurs couchées sur le papier blanc participe à la création d’une atmosphère sombre, faite de nuit et de mauvais temps, tandis que le bleu est parfois mis en avant lors de scènes oniriques, cauchemars exprimant les peurs du fils, puis du père. Plus que l’histoire de vengeance mâtinée de rédemption, c’est donc le style et l’atmosphère qu’il dégage qui envoûtent. Si cet album évoque immédiatement des références cinématographiques, c’est du côté des œuvres de Melville, Kitano ou du Ghost Dog de Jarmusch - les références à l’élevage de pigeons et aux dessins animés - qu’il faut aller chercher. 5 est le numéro parfait s’empare ainsi d’un thème classique pour en faire une œuvre singulière et transforme un chant funèbre en ode à la vie. C’est aussi - et avant tout ? - un très bel album sur la vieillesse et les surprises/regains de vie qu’elle offre.
Boris
08 Janvier 2003
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Igort
Igort
Igort
Editeur : Casterman Collection : Les Romans Novembre 2002 - 176 Pages
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