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Le Journal T. 4

Les Heures riches

L'amitié, plus chaleureuse que l'amour

En ce mois d’août 1995, Fabrice redécouvre la joie de vivre. L’épicentre semble en être situé au Pays Basque : là, que ce soit à la plage en compagnie de son alter ego Xavier ou dans les montagnes, au cours de longues balades contemplatives, Fabrice retrouve une sérénité qu’on ne lui avait pas beaucoup connu au cours des précédentes pages de son Journal. Et comme un bonheur ne se présente jamais seul, Fabrice se découvre de nouveaux amis et mène en leur compagnie une vie très estudiantine…


Ce tome 4 du Journal devait paraître en janvier, il n’est finalement disponible qu’en ce mois de décembre. Mais l’attente en valait la peine et ces 220 pages sont un pur bonheur… Tout à son œuvre, Fabrice Neaud n’aime pas être bousculé par les contingences matérielles et désire pouvoir consacrer le temps qui lui est nécessaire. Pour bien faire C’est un garçon de principe. Qui n’hésite pas à nous expliquer quelques pages durant comment une personne civilisée doit marcher en appartement pour ne pas déranger ses voisins. Le plus sérieusement du monde !

Fabrice Neaud ose tout : consacrer 20 pages à une promenade muette en montagne, dessiner un téléphone 15 cases durant pour mieux faire passer l’état d’esprit de la discussion, alterner dessins réalistes et caricatures sommaires à la manière de ces mangas dont il se dit friand. Ou profiter du récit de son travail sur le premier album pour expliquer sa démarche. Le Journal d’un Journal en quelque sorte…

Le changement d’état d’esprit de l’auteur à cette période de sa vie se ressent dans tous les registres de son œuvre : le ton, le rythme, le dessin… Jusque dans la façon de présenter ses interlocuteurs : alors que dans les tomes précédents les protagonistes de sa vie semblaient en permanence mis sous la pression de son jugement, les voici libres de s’adresser directement au lecteur, sans l’entremise du narrateur. Pour présenter ses amis, ces dessinateurs avec qui il a redécouvert les plaisirs de la vie en société, Fabrice Neaud semble s’effacer et leur ouvrir ses pages comme il s’est ouvert à leur contact.

Tout cet entrelacs de sujets, de scènes compose un personnage, l’auteur. Pas un homme extraordinaire, mais un homme capable de réflexion dans tous les sens du terme. Un héros qui devient attachant à force de sincérité. Même si le lecteur n’a jamais aucune garantie de cette authenticité, juste un pressentiment nourri par la crédibilité du récit et l’épaisseur psychologique donnée aux personnages. L’auteur reste en fait maître de son jeu, de son art… donc de son “artifice”.

En résumé, Fabrice Neaud a deux immenses vertus : celle de rendre intéressant tout sujet qu’il décide d’explorer et celle encore plus précieuse de savoir alterner son propos entre sa vie quotidienne, ses réflexions, les portraits de ses amis. Le lecteur le plus difficile ne court donc aucun risque de se lasser, tant la variété - et l’harmonie - sont de rigueur.

Pas un Journal de plus mais un Nouveau Journal, avec cette richesse, cette variété qui le rend unique, comme l’est chaque étape de notre vie. Et qui prouve que l’Art de Fabrice Neaud ne se dilue pas au contact du bonheur !

Vincent
04 Décembre 2002

Entreprise littéraire sans équivalent    

Depuis 1996, tome après tome, Fabrice Neaud nous livre les pages de son journal intime, sorte d’autobiographie clinique d’une solitude amoureuse. Ce graphiste sensible et cultivé met à nu son homosexualité et le regard que lui porte l’autre en nous tenant un propos sans pudeur, ambitieux, sincère et courageux. L’auteur se montre tel qu’il est afin qu’on puisse le juger sans travers, aux détours de ses doutes et de ses angoisses. Le fait de se raconter sur papier l’aide peut-être à s’exorciser et à se remettre de ses explorations souvent malheureuses.

En tous cas, le lecteur y trouve son compte : qu’il soit contemplatif devant l’évocation de promenades muettes en montagne où réceptif à certaines leçons de savoir vivre. L’auteur alterne aussi dessins réalistes et caricatures, tout en multipliant les expériences narratives.

Ce quatrième tome de 218 pages en noir et blanc aborde une période de changements, notamment sur le plan professionnel (le premier tome du Journal vient de paraître) et sur le plan amical. Fabrice, après des années assez sombres, trouve progressivement sa place dans des cercles constitués par de nouveaux amis dessinateurs, comme lui. Ce relatif apaisement se ressent dans cet opus plus serein que les précédents. Pourtant, les passions violentes et les moments de désespoir se succèdent donnant une ampleur sans équivalent à cette entreprise littéraire !

Gilles
11 Décembre 2002

Agrandir la couverture de Le Journal T. 4

16ième au TOP


Scénariste F. Neaud
Déssinateur F. Neaud
Coloriste N&B
Editeur : Ego comme X
Décembre 2002 - 224 Pages


A commander


Dans la même série :
T. 1 Le Journal T1
T. 3 Le Journal T3

De Neaud F. , N&B :

  • Alex et la vie d'après


  • Interview :
  • Fabrice Neaud
  • Fabrice Neaud, 2ème époque

  • Festival/OpaleBD
  • F. Neaud
  • La planche
    La planche
    La planche
    La planche
    La planche
    La planche
    La planche
    La planche
    © 2002 F. Neaud, N&B - Ego comme X

     

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    6 avis :

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    01 Fevrier 2006



    briographe

    18 Aout 2005


    Un journal! Je ne savais pas que la bande dessinée pouvait aller jusque là. Je n’étais pas un grand amateur de BD, mais je suis vraiment ébloui par le travail de monsieur Neaud, qui n’a rien à envier aux auteurs de journaux littéraires. Cette œuvre m’a profondément touché et me donne envie de connaître mieux la bande dessinée actuelle. Merci !
    jue

    04 Octobre 2004


    Mouais, bof
    Fée Kaka

    23 Octobre 2003


    Poignant!
    Fabuleux!
    Evident!
    franky

    29 Décembre 2002


    C’est avec beaucoup de plaisir qu’on retrouve Fabrice Néaud. Au long des trois premiers tomes, des liens se seront en effet tissés entre lui et nous, comme entre d’improbables amis liés par une connivence toute virtuelle. Fort de cette étonnante proximité qui s’est installée, on parcourt les pages de ce tome avec une première réaction : on est heureux pour Fabrice. Heureux qu’il ait enfin trouvé un semblant de sens à son existence et de réelles occasions de profiter de ce que la vie a à lui offrir. Le bonheur retrouvé est en effet la bonne nouvelle de ce tome, et on se réjouit qu’il ait appris que la vie peut être coooool et sympaaaaa. (Parce qu’il faut bien le dire, c’est ce qui lui arrive, même si l’affirmer tient fort du blasphème). Mise à distance la douleur amoureuse du premier tome, endormie la douleur existentielle du troisième. On s’en réjouit pour lui, mais d’un autre point de vue, on ne peut s’empêcher de se poser des questions (bien cyniques). La souffrance n’était-ce pas ce qui nourrissait la flamme de ses tomes précédents ? Leur formidable pouvoir émotionnel ne provenait-il pas de la balade à laquelle Fnéaud nous conviait, regardant de la crête les profondeurs d’un gouffre existentiel sans fond ? En tout cas, ses questionnements étaient touchants et pouvaient parler au plus grand nombre. Dans le tome nouveau, les questionnements restants apparaissent comme bien théoriques et cérébraux. Et je ne peux m’empêcher de me dire que le tome suivant fonctionnera moins bien s’il se cantonne dans le seul registre de la connivence. Certes, Fabrice Néaud, qu’il le veuille ou non a réussi à occuper une place dans l’intimité du lecteur, mais sera-ce suffisant pour y occuper encore une place à part ? Ce que Néaud nous raconte ici de sa vie ressemble en effet à s’y méprendre à ce que nous dit notre ami X ou notre ami Y, et ne nous suffira-t-il pas d’écouter simplement X et Y plutôt que les confessions similaires d’un ami qu’on ne connaît pas ? Et de me poser des questions dont j’ai un peu honte : La souffrance n’est-elle pas le meilleur moyen d’émouvoir les autres ? La biographie n’atteint-elle pas ses limites lorsque tout va bien ? Le cool et le sympa honnis n’attendent-il pas d’apparaître au grand jour, décomplexés, quand la douleur disparaît ?
    b1p

    08 Décembre 2002


    Peu de choses à ajouter par rapport à l'avis publié par Vincent. Dédié à une période moins sombre que celles qu'avaient à charge de rapporter les tomes précédents, le tome 4 approfondit l'exploitation des procédés auparavant mis en oeuvre et en mobilise de nouveaux - la caricature, notamment, à la manga, certes, mais dans un style qui n'appartient qu'à Fabrice Neaud.

    Traversées de moments de bonheurs bruts - pour le lecteur et pour le narrateur - les planches en restent d'une lecture à la fois jouissive et exigente. Jouissive parce qu'on ne peut sortir de leur fréquentation - pour peu qu'elle satisfasse à la bienveillance de principe qui devrait être au fondement de toute vraie bonne lecture - sans en être peu ou prou transformé. Exigente, parce que Fabrice Neaud sait poser sur les choses un regard suffisamment dense et argumenté pour déjouer toute velléité de prétendre en avoir fini avec ses vignettes en un seul passage. Oeuvre tissée d'un jeu serré de citations et de renvois (visuels et textuels), bavarde d'une certaine façon, le Journal me reste pourtant comme habité de silence et d'une forme, certaine, de pudeur (ce qui ne va pas sans l'ironie et, peut-être, le dégoût, d'avoir à préciser, parfois, en quoi, pudique, elle l'est effectivement). Dire et montrer, tout en restant silencieusement fidèle à la compréhension intime qu'il est impossible de tout dire et de tout montrer - aidé en cela, aussi, de ce que l'espace du dehors parvient encore à se mettre en scène, jusqu'à un certain point, dans ce qui se montre et se dit - mais pas totalement, obstinément ordonné qu'il est à un reste insaisissable que pourtant les pages du Journal parviennent, mystérieusement, à indiquer dans le cours même de la lecture. A rien de tout cela ce quatrième tome ne faillit. Je reste ébloui.
    Kliban

     

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