Le Legs de l'Alchimiste T. 2
Leonora Von Stock
Léonora, seconde porteuse de l'Anneau
Dans une principauté germanique mal définie, dans un 19ème siècle sombre et violent, Joachim, le héros du premier tome est en prison. Un concours de circonstances en a fait le détenteur du « legs de l’alchimiste », un anneau auquel est attaché un esprit, petit fantôme sarcastique. Héros malgré lui d’une révolte populaire qui a mal tourné, Joachim Overbeck attend le bourreau. L’esprit lui raconte l’histoire de Léonora Von Stock. Cette jeune fille très libre multipliait les escapades nocturnes déguisée en garçon. Ce jolie brin avait de gigantesques et hypnotiques yeux verts (un clin d’oeil d’Hubert à une autre de ces séries ?). Lors d’une de ses virées elle s’est trouvée au mauvais endroit au mauvais et le legs de l’alchimiste lui est échu « par hasard ». Complot politique, occultisme et sombres destinés familiales se déchaînèrent alors autour de la naïve héroïne. A l’issue de cette aventure en Flash-back, l’anneau change, violemment, de main.
Le « legs de l’alchimiste » est la série la plus prometteuse de la collection « loge noire » de Glénat.
Hubert y montre d’une véritable habileté scénaristique. Cet épisode, qui suit le premier tome mais raconte une histoire antérieure, donne du rythme au récit et épaissit encore le mystère qui entoure l’anneau et son esprit narquois. L’album se termine sur un douloureux changement de main du funeste bijoux et lance le troisième tome. L’univers de la série est décidément très riche. Il exploite un dix-neuvième siècle à la charnière du monde magique et du monde moderne. L’occultisme, la kabbale, les loges maçonniques se heurtent et se mêlent aux débuts de la pensée scientifique et à des mouvements d’émancipation populaire visant à abattre un vieil ordre monarchique. Léonora incarne bien ces contradictions. Fille du ministre des finances, femme écrasée par le devoir et les convenances, elle lutte farouchement pour son droit à la liberté. Le ton est à l’image de cette richesse : mystère et action sont traités avec une certaine distance. L’humour est omniprésent et contribue à la légèreté du récit qui ne se prend jamais tout à fait au sérieux.
Graphiquement, cet album s’inscrit dans un courant très « nouvelles bande dessinées ». Le trait est vivant et efficace tout en gardant un aspect très libre. Pas d’académisme dans ce dessin qui privilégie l’expressivité à la beauté formelle. Il y a du Sfar dans ce style et ce n’est pas étonnant que Tanquerelle prenne la suite du très (trop ?) primé Joann dans la série « Professeur Bell ». Les modelés hachurés, parfois très sombres, se heurtent au trait presque naïf des personnages pour créer une ambiance visuelle décalée, très adaptée à l’histoire.
Ce second tome du « legs de l’alchimiste » est intelligent, brillant même, mais il lui manque encore un petit quelque chose. La légèreté du ton donne peut-être l’impression d’un manque d’épaisseur. Le récit ne manque pourtant pas de rebondissements. Ce sentiment est mystérieux et diffus et devrait se dissiper dans la suite de cette série qui ne cesse de se bonifier. Le « legs de l’alchimiste » intrigue et révèle l’originalité du talent des auteurs.
Gwael
26 Fevrier 2003
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Hubert
H. Tanquerelle
Hubert
Editeur : Glénat Collection : La loge noire Janvier 2003 - 48 Pages
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