Félix T. 7
Félix - Intégrale
Avant Gil Jourdan
Lou Riga, le célèbre entraîneur de boxe demande l’aide de Félix et de ses adjoints Allume-Gaz et Cabarez : son poulain Pal Silver est menacé de mort s’il monte sur le ring ! Malheureusement, quand retentit le gong d’ouverture du combat, le détective n’a encore trouvé aucun indice lui permettant de débusquer le maître-chanteur…
Pour leur intégrale des aventures de Félix, les éditions Niffle ont choisi de commencer par la fin. Ce volume 7 regroupe ses dernières enquêtes, celles parues juste avant que son auteur ne parte faire les belles heures du journal de Spirou. Pour le célèbre magazine, Maurice Tillieux transforme Félix en Gil Jourdan et n’hésite pas à soumettre à ce dernier certaines des affaires déjà élucidées par son prédécesseur (à 8 occasions). Le détective n’est d’ailleurs pas le seul bénéficiaire de cette source d’inspiration puisque sur 67 épisodes de Félix, 28 furent ainsi reprises pour des scénarios de Tif et Tondu, Natacha, Jess Long…
Parues entre 1949 et 1956 les aventures de Félix frappent par leur aspect rude, implacable pour ne pas dire adulte : des pendus, des cadavres putréfiés parsèment ses enquêtes et même une jolie femme… Pas étonnant, dans ces conditions, que le journal Heroïc-Albums ait eu maille à partir avec la censure française… Quant à Félix, il n’est pas du genre sentimental, cherchant uniquement à résoudre l’énigme, à punir les méchants sans perdre son temps à s’apitoyer sur les victimes… Ainsi, à l’entraîneur pleurant la mort de son boxeur fétiche, il répond simplement et sans une larme « Tu formeras d’autres champions en pensant à lui ! »
Maurice Tillieux se définissait comme un simple artisan, un faiseur d’histoire sans prétention : « C’est sans honte que je revendique les fautes d’orthographe, les fautes de syntaxe, les erreurs de dessin comme autant de propriétés personnelles, souvenirs d’une époque où le travail était rapide, l’imagination sans contrainte, où l’inspiration s’embarrassait peu de préjugés artistiques, où le fond triomphait de la forme et où, mal payé, je m’estimais riche parce que je m’amusais. » S’inspirant de la littérature noire américaine, il compose en quelques pages des enquêtes mystérieuses et captivantes flirtant avec le fantastique… On frissonne très souvent mais on rit aussi souvent des bévues d’Allume-Gaz et Cabarez…
Pour nous faire (re)découvrir cet incontournable du neuvième art, les éditions Niffle ont réalisé un travail particulièrement soigné, introduisant chaque récit d’un mot d’explication et leur offrant une qualité d’impression bien meilleure que celle des journaux d’époque (ou de leur réédition en encart dans le journal Spirou).
Vincent
29 Janvier 2003
|
M. Tillieux
M. Tillieux
N&B
Editeur : Niffle Collection : Anthology Octobre 2002 - 118 Pages
|