|
|
 |
 |
 |
Le Bruit du givre
Déposer les armes pour perdre toute vulnérabilité…
Samuel reçoit une lettre d’Alice qui l’avait quitté douze mois plus tôt à cause de son refus d’avoir un enfant. Les mots d’Alice sont imprécis : « A cause de toutes les phrases qui, à mon goût manquaient dans sa lettre, j’ai pris la décision de partir, d’aller la chercher ». Il laisse donc son appartement, sa tortue Cléopatre et Dana sa complice avec qui ils aimaient tant se regarder l’un l’autre. Il part pour ce pays lointain où réside désormais Alice. Sur son chemin des rencontres, des lectures, des événements imprévus viendront infléchir sa trajectoire et l’aider à se libérer…
Avec Docteur Jekyll et Mister Hyde, Mattotti nous avait offert le bonheur de confronter de nouveau son génie pictural à une narration purement BD avec cases, bulles, couleurs… Toutes les expérimentations du génial italien semblaient avoir convergé vers cet ouvrage, synthèse de toutes ses tendances et ses époques successives.
Malgré tout, avec Le Bruit du givre, Mattotti parvient encore à nous étonner. A l’image de Samuel, son héros, on sent le dessinateur touché par la grâce, la sérénité pour illustrer ce récit aux couleurs sublimes, aux dessins resplendissants. Comme toujours avec Mattotti, le choix de la forme coïncide rigoureusement avec la forme. On est loin des griffures de Stigmates dans ce récit créé à l’origine pour le Frankfurter Allgemeine… Le Bruit du givre nous plonge dans une introspection à tendance apollinienne, belle malgré le fonds d’angoisses du personnage, qui résolument avance, découvre, apprend à chaque instant de son itinéraire.
Le choix de grandes cases aérées et régulières sied également parfaitement aux textes de Jorge Zentner, écrits à la première personne dans une langue simple, poétique, elle-même source d’une foule d’images. Tout cotoiela perfection dans cet ouvrage, jusqu’au livre-objet lui-même avec son papier luisant et glacé et sa couverture légèrement ondulée si agréable à prendre en main.
Un exercice de très haute volée exécuté sans la moindre anicroche.
Vincent
12 Fevrier 2003
Notre pire ennemi : nous même
«La peau me brûlait… Et Alice m’a dit : Je voudrais avoir un enfant de toi… Je m’en souviens très bien». C’est à partir de ce moment-là que la vie de Samuel va basculer car…, notre pire ennemi est en nous ! Paralysé par la peur de s’engager, ce n’est plus que bruits assourdissants et fureurs dans la tête du héros. Bien sûr, à force d’attendre une réponse, Alice a fini par partir… Lorsque la jeune femme lui donne de ses nouvelles de l’autre bout du monde, Samuel entreprend un long voyage initiatique, à travers les régions et à travers lui-même, pour la retrouver. Atteint momentanément de cécité, c’est en retrouvant la vue et l’amour qu’il osera prendre la vie comme elle vient, profitant avec délectation de tous les bons moments qu’elle offre.
«Le bruit du givre» est un texte poétique et émouvant écrit par l’argentin Jorge Zentner qui vit désormais en Espagne. L’histoire est inscrite sous la forme d’un récitatif ponctué de quelques phylactères et le tout est illustré sublimement (à raison de deux dessins par pages) par l’italien Lorenzo Mattotti. Le lecteur sera surtout sensible aux couleurs chatoyantes qui transcendent la puissance des étranges images proposées. Voici une œuvre envoûtante mais peut-être un peu difficile à appréhender pour un lecteur habitué à des narrations simples. Celui-ci devra faire un effort qui sera récompensé par le plaisir pris avec ce bel album bouleversant et rempli de magie.
Gilles
15 Fevrier 2003
|
J. Zentner
L. Mattotti
L. Mattotti
Editeur : Seuil Janvier 2003 - 120 Pages
|
|
 © 2003 L. Mattotti, J. Zentner - Seuil
|
|
 |
 |
 |
 |
| |
05 Aout 2004 J'avoue que je suis passé à coté de cette BD... J'admet que le dessin est magnifique, chaque image est digne d'une oeuvre d'art. Mais je suis vraiment sorti indemne de la lecture de cet album pour reprendre les termes de cat, même après plusieurs lectures... désolé Je pense que cette BD est vraiment réservée à un public averti! tibo
09 Janvier 2004 Mon album préféré 2003 avec Quartier Lointain. Mattotti a réussi à retrouver un scénario fort comme pour Stigmates, a mis sur papier parmis ses plus beaux et imaginatifs dessins. La structure de l'album n'est pas très classique (elle emprunte beaucoup au couple Loustal / Paringuaux mais en la transcendant) mais convient à merveille au propos et distille des sentiments d'une rare profondeur en bande dessinée. eyeless
22 Mai 2003 Un tout bon Mattotti car il synthétise bien les multiples facettes de son talent. Mais ce n'est pas le meilleur pour autant : je vous recommande "Stigmates" (difficile d'accès a priori mais chef-d'oeuvre absolu) ; "Eugenio" (un des plus beaux livres jeunesse qui m'aît été donné de lire) ; "Dr Jekyll & Mister Hyde" (une adaptation totalement personnelle et très torturée, en hommage à Bacon notamment) LOuis
08 Avril 2003 Un amalgame réussi entre la féérie des couleurs, l'étrangeté des images et le poids du non-dit. On ne sort pas indemne de la lecture de cet album. cat
26 Mars 2003 merci BD selection pour m'avoir fait decouvrir cette magnifique BD qui est une véritable oeuvre d'art. Mattoti est un genie!!! , et ces dessins font parfois penser à du Magritte dans leur folie, à du Matisse dans leurs couleurs agressives et à du Picasso dans leur formes.Le scenario fonctionne : une BD à decouvrir... jp
16 Fevrier 2003 Un trés bel album où le magnifique coup de crayon de Mattiotti donne une grande puissance poétique au texte de Zentner. vico |
|

© 1998-2008 - BD Sélection
|
|
|